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Importation et choix de bières : la SAQ est en retard

Par • 12 novembre 2010 à 9:43

À une époque au cours de laquelle les dépanneurs et les épiceries spécialisées offrent plusieurs centaines de bières différentes sur leurs tablettes, la SAQ ne se restreint qu’à quelques dizaines de bières importées. Et le catalogue n’est ni régulier d’une succursale à l’autre, ni à prendre pour acquis. Ce n’est pas parce qu’on adore une bière à la SAQ qu’elle sera toujours disponible. Pour ce qui est des bières québécoises, c’est pire, elles sont très peu représentées dans les étalages de la société d’État. Mais ça, je m’en formalise,  on peut les trouver ailleurs.

Ce qui me met en rogne, c’est d’avoir à aller aux États-Unis pour mettre la main sur une bonne Rogue (meilleure brasserie américaine, à mon avis). Ce qui me frustre, c’est d’avoir à aller en Ontario pour m’offrir une Creemore Springs (excellente brasserie canadienne). Est-ce que les Américains et les Ontariens sont des plus grands consommateurs de bières? Est-ce qu’on limite l’importation pour encourager l’économie locale? Ou sommes-nous simplement en train de manquer le bateau?

Attention, je  n’écris pas ces lignes pour planter la SAQ à tort et à travers. Au contraire, je suis un client régulier, satisfait la plupart du temps. Tant par le service que par les découvertes que je m’offre. Si j’écris cet article, c’est pour ajouter ma voix à celle des autres qui ont dénoncé la situation bien avant moi. Ce n’est pas normal d’avoir à faire de l’importation privée pour s’inonder les papilles avec une Westmalle Double. Qu’est-ce que le Québec attend pour prendre sa part du pichet? Non seulement, ce serait intéressant pour le consommateur, mais il y a fort à parier que ce serait rentable pour la SAQ. Pas besoin d’avoir un MBA pour penser à ça; l’engouement pour la bière n’est pas une mode passagère. Si ça se trouve, ça risque de s’amplifier au cours des prochaines années.

Je suis aussi sceptique quant aux choix d’importation qui sont faits. On offre des bières en cannettes comme la Dab et la Faxe alors qu’on trouve facilement l’équivalent de ces bières dans n’importe quel dépanneur (Beck’s, Bitburger, Heineken, Stella Artois…).  Si c’est un problème d’espace sur les tablettes qui empêche la SAQ d’importer davantage, il faudrait peut-être s’organiser pour les remplir avec des produits plus recherchés. Des bouteilles qui valent le voyage outre-mer.

Le choix est moins pathétique qu’il y a 4 ou 5 ans, je dois le reconnaître, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Pourquoi ne pas revenir avec l’excellente tentative de la SAQ Bières qui avait été testée au cours des années 90? En 2010, il est plus que temps d’ouvrir nos portes aux produits du monde. Nous avons encore des croûtes à manger et des mers à boire!

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2 Réponses »

  1. Intéressant comme article pl! Tu as raison dans ta prise de position, et en tant qu’employé de la SAQ je constate souvent la frustration des amateurs de bière qui parviennent difficilement à trouver leurs produits. Mais il faut dire que la …SAQ a quelque peu abandonné le marché de la bière vu son échec des années 90. Le gros problème vient du fait que le marché est séparé entre deux, privé-public (épiceries/dépanneur vs SAQ) contrairement à la LCBO qui a totalement le marché de la bière. Il y a beaucoup de lobbying qui se fait de la part des dépanneurs/épicerie qui font de la pression pour que la SAQ ne développe pas son étendu de bière. Il vaut peut-être mieux se tourner vers des épiceries ou dépanneurs spécialisés pour faire venir des produits!

  2. Très intéressant commentaire, M. Lamontagne! Merci d’apporter ces précisions. Le problème avec l’importation privé, c’est que ça passe par la SAQ. Or, si la SAQ ne veut pas tenir un inventaire de bières intéressant, il faudrait qu’elle simplifie la tâche à ceux qui désirent le faire. À ce que j’ai pu constater en m’informant sur le sujet – j’ai même pensé à me tourner moi-même vers l’importation privée – c’est que c’est très cher. Il faut commander par caisses. Et c’est interdit de les revendre.

    En somme, la SAQ semble vouloir garder le contrôle, mais elle n’en fait pas bon usage. La SAQ Bières a juste été testée 10 ans trop tôt. C’est dommage!

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