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Chronique classiques du cinéIl y a de ces films inoubliables. De grands réalisateurs au grand écran... du grand cinéma pour de grands moments!

Il était une fois dans l’Ouest (1968)

Par • 23 mai 2008 à 0:00

Quand on me demande quel est selon moi le plus grand film de tous les temps ou quel est mon film préféré, j’ai évidemment bien du mal à répondre, tellement mon opinion ou mes sentiments sont subjectifs, comme c’est sans doute le cas pour tout le monde. Toutefois, dans la catégorie plurielle de mes films préférés, il ne fait aucun doute que « ONCE UPON A TIME IN THE WEST » de Sergio Leone fait partie du top 10.

 

Morton est un constructeur de chemin de fer qui a engagé un homme de main, Frank, pour tuer un fermier et sa famille, propriétaire d’un terrain avantageux le long du parcours prévu et qui voulait y bâtir une gare et une petite ville. La veuve de la victime, une ancienne prostituée de la Nouvelle-Orléans nommée Jill, et arrivée sur place après la mort de son mari et de ses enfants, songe à vendre le terrain et à quitter les lieux. Elle reçoit alors la visite d’un bandit, Cheyenne, qui est injustement soupçonné du meurtre de son mari et qui assure sa protection. Un métis inconnu et joueur d’harmonica se présente aussi pour la protéger, car il est à la recherche de Frank avec qui il a un compte personnel à régler. Les deux hommes découvrent les mobiles des agissements de Morton et de Frank, et empêchent ceux-ci de s’emparer du terrain appartenant à Jill. Frank se demande d’ailleurs quelle est l’identité du métis, qui ne se présente à lui que sous les noms d’anciennes victimes qu’il a tous tués. Morton en vient à trahir Frank, mais il est tué par Cheyenne et sa bande. Frank se dirige donc vers son destin afin d’affronter le métis joueur d’harmonica en duel et de savoir enfin ce que celui-ci lui veut, pendant qu’une gare et une ville champignon commencent à se construire sur le terrain de la veuve.

 

Bénéficiant d’un budget imposant d’un major américain, le maître du western italien Sergio Leone a pu avoir le privilège de tourner quelques scènes dans l’Ouest américain, à Monument Valley en particulier, célèbre pour avoir été filmé de façon grandiose par un maître du genre: John Ford. Leone profite de cette occasion pour prendre les symboles traditionnels du western classique, afin de les retourner sans dessus-dessous et de les traiter de manière stylisée. Cette stylisation prend néanmoins une forme différente que celle que l’on retrouve dans sa trilogie des « DOLLARS ». Le temps est volontairement étiré ou dilaté, comme dans les films de samouraïs japonais, pour permettre aux principaux personnages de s’étudier longuement alors que le progrès de la conquête de l’Ouest les destine à périr en temps qu’archétypes mythologiques. La mise en scène prend donc l’allure d’un ballet de morts où les silences parlent plus que les dialogues, et donnent du poids à la force de survie des protagonistes sentant qu’ils vont probablement périr. Cette pondération dans l’illustration et la cadence surprend de la part de Leone, mais il sait jouer magnifiquement avec l’attente du public grâce à des cadrages extraordinaires et des mouvements lents de la caméra qui sont comme des caresses.

 

Avec cette méthode, Leone nous présente avec soin, sous forme de parabole, la naissance d’une nation en devenir, les difficultés de la conquête de l’Ouest, l’association peu naturelle entre le pouvoir économique et les hors-la-loi, et les prémisses du matriarcat. Le ton d’humour ironique, qui se veut une autre marque personnelle de l’auteur, est toujours présent et le procédé du flashback fragmenté est à nouveau utilisé, mais de façon encore plus grandiose, tout comme le rôle narratif de la musique de Morricone dans la progression dramatique du récit; ces deux éléments se rejoignant et atteignant leur point culminant lors du magnifique duel final. La distribution est dominée par un quatuor d’acteurs dans des rôles caractéristiques inhabituels pour le genre. Charles Bronson joue un vengeur taciturne avec toute sa présence et sa force de marbre. Henry Fonda compose avec classe et perfectionnisme son seul rôle de méchant en carrière. Claudia Cardinale illustre avec talent le courage retenu de son personnage tout en étant ravissante, et Jason Robards réussit à merveille son incarnation d’un bandit à la fois malin et empli d’une douceur romantique.

 

En bref, un film touchant qui est un chef-d’oeuvre inoubliable. À posséder dans sa collection avec le CD de la musique du film.

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Une Réponse »

  1. Beau texte, Mathieu. Je suis tout à fait d’accord : IÉUFDL est un western intemporel, un pur classique !

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