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Hobo with a Shotgun: ne vendez pas la peau du vagabond

Par • 1 juin 2011 à 6:33

Hobo with a shotgunÀ l’instar de MACHETE, HOBO WITH A SHOTGUN fût d’abord une fausse bande-annonce incluse dans le programme double GRINDHOUSE du tandem Tarantino/Rodriguez sorti en 2007. C’est dire si depuis ce temps le cinéma d’exploitation, qui était à la mode durant les années 70, a la cote actuellement auprès de certains réalisateurs et auprès des fans de séries B qui adorent son esthétique démesurée.

Après avoir voyagé clandestinement à bord d’un train, un vieux vagabond arrive dans une ville nommée Hope Town, qu’il découvre être sous la coupe d’un gangster brutal appelé The Drake et de ses deux fils Ivan et Slick. En sauvant la vie d’Abby, une jeune prostituée des mains de Slick, le clochard apprend à ses dépends que The Drake a acheté une bonne partie de la police locale. Devant tant de violence, de corruption et d’anarchie, le vieil itinérant achète un fusil à pompe et se met à dessouder tous les dangereux criminels qui pourrissent la petite ville.

Ses exploits faisant la une des journaux, The Drake fait savoir aux habitants qu’il y aura des représailles sévères à leur égard si le mystérieux vagabond ne lui est pas livré séance tenante. Mais les choses empirent lorsque celui-ci descend Slick en voulant protéger Abby de nouveau. The Drake furieux, charge alors deux étranges et redoutables tueurs en armures pour le capturer afin de lui montrer qui est le maître à Hope Town.

Avec ses couleurs criardes et son style très bande dessinée, HOBO WITH SHOTGUN est la preuve que le cinéma canadien (le film a de surcroit été tourné en Nouvelle-Écosse) peut également verser dans l’outrance et dans l’excès avec un budget minimal sans que la qualité technique en souffre trop.

Le scénario est d’une minceur diaphane par son absence d’originalité, en plus d’occulter tout message social au contraire de Rodriguez dans MACHETE. Mais il s’avère finalement accessoire quand on constate à la vue de cette pellicule que les auteurs cherchaient simplement à y maximiser la violence gore le plus possible dans presque toutes les scènes ou situations.

Ne demeurant pas en reste, la réalisation mise à fond dans le sanguinolent et la sauvagerie au premier degré, n’épargnant au passage aucun des personnages, sans toutefois prétendre atteindre le niveau stylistique fantasmatique des films de Tarantino. Cet étalage gratuit et sans complaisance de brutalités extrêmes amusera l’amateur de bisseries et réjouira d’avance un certain public adulte, lequel a été frustré par tant de films d’actions aseptisés destinés aux adolescents sortis sur les écrans ces dernières années.

Vous ne serez certainement pas surpris d’apprendre que l’interprétation des acteurs se veut aussi hystérique que la mise en images, dominée par un Rutger Hauer ridé, grisonnant et démentiel en vagabond révolté tel un ours en cage.

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