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Flic ou voyou : Belmondo joue une mi-temps dans chaque camp (1979)

Par • 18 janvier 2010 à 20:46

Après avoir écrit principalement pour Jean Gabin durant les années 50 et 60, le dialoguiste et scénariste Michel Audiard s’est tourné vers l’acteur Jean-Paul Belmondo lors des années 70-80. En effet, Audiard, avec son sens de l’humour et son habileté dans la confection de répliques spirituelles, avait trouvé dans le jeu expansif et bondissant de Belmondo, l’interprète idéal.

Rajoutez à cela la présence de Georges Lautner à la réalisation, qui avait déjà travaillé avec Audiard à plusieurs reprises (Les Tontons Flingueurs et Les Barbouzes par exemple), et cela ne pouvait que donner un film drôle et vigoureux qui s’intitule Flic ou Voyou.

À Nice, un commissaire corrompu, Bertrand, est retrouvé assassiné dans sa voiture près d’une corniche. Une prostituée est également découverte morte dans une chambre d’hôtel le même soir. Quelque temps plus tard, un inconnu surgit dans la ville et affirme être le frère de la prostituée morte. Tout en contant fleurette avec une romancière, il s’amuse à provoquer une guerre entre les deux groupes de criminels qui règnent sur la ville.

En réalité, l’inconnu n’est autre que Stanislas Borowitz, commissaire de choc de la police des polices, chargé d’enquêter sur la mort du commissaire Bertrand, et de nettoyer la ville de ses gangsters et de ses policiers corrompus. Lorsque ceux-ci découvrent sa véritable identité, ils tentent en vain de le liquider, puis trouvent un expédient en kidnappant sa fille adolescente. Borowitz n’a cependant pas dit son dernier mot.

Adapté d’un roman policier de Michel Grisolia, le scénariste Jean Herman et le dialoguiste Michel Audiard ont tout simplement remanié l’histoire du livre pour tailler un rôle à la mesure de la vedette Belmondo, et pour traiter le sujet avec verve et humour. Cela donne un film percutant où la désinvolture, l’insolence et la gouaille du personnage principal en constituent le charme et l’originalité.

Les répliques pétaradantes y sont nombreuses, fusent à point nommé, et feront rire plus d’un spectateur, même le plus exigeant.
Les actes de violence et les scènes d’action vont dans le même sens, avec des mots d’esprit et un emploi juteux du vocabulaire pendant des moments athlétiques. Une poursuite en auto signée Rémy Julienne, un spécialiste des cascades automobiles, s’avère à cet égard cocasse et burlesque.

La mise en scène de Lautner est nerveuse et bien rodé, tout au service d’un divertissement amusant, même dans l’utilisation des clichés. Michel Audiard, visiblement inspiré, nous livre des dialogues pleins de verve, tandis que Belmondo compose avec bonne humeur un rôle très familier de policier habitué aux méthodes expéditives, en plus de se montrer en grande forme physique lors des séquences impliquant des cascades, une autre des marques de commerce de l’acteur.

Pour vous mettre à nouveau en appétit, voici ci-dessous, quelques répliques d’Audiard entendues dans le film:


-Belmondo:  Faudra vous mettre au régime!
-Préposé:  Basses calories ou hydrate de carbone?
-Belmondo:  Non, je pensais plutôt au régime pénitentiaire!


-Belmondo:  J’aurais aimé peindre!
-Marie Laforêt:  Au pistolet?!


-Laforêt:  À quoi jouez-vous?
-Belmondo:  Aux gendarmes et aux voleurs! Je joue une mi-temps dans chaque camp!


-Belmondo:  Décidément tu sais rien! Un vrai con!
-Charles Gérard:  Ben, c’est peut-être vrai?
-Belmondo:  Quoi? Qu’il est con?
-Charles Gérard:  Ben non, qu’il sait rien!


-Belmondo:  Les seuls papiers qui m’intéressent, ce sont ceux de l’Imprimerie Nationale, avec la tronche de Blaise dans le coin!


-Belmondo (à un chef de gang):  Si t’as des volontés à exprimer, une prière que t’aimes bien ou bien un mot historique à balancer, magnes-toi, ça va péter dans 15 secondes!


-Juliette Mills:  J’ai 14 ans et demi et je suis enceinte! T’entends ce que je te dis?!
-Belmondo:  Tu as 14 ans et demi et tu es enceinte! C’est bien, c’est très bien. Mais ne te prends pas pour une surdouée! D’après ce que j’ai lu dans une revue littéraire, certaines petites négresses se marient dès l’âge de 8 ans!


-Charles Gérard (à Belmondo):  Celui qui a des lunettes, c’est Rey. Le plus dangereux, c’est Rey. Le plus con, c’est Rey. L’autre c’est Massart!


-Belmondo (à trois voleurs):  J’ai dit: Ôtez vos frocs!… J’aimerais voir ce que vous portez en dessous. On dit que la soie revient à la mode!


Une pure détente assurée, cette comédie policière est à regarder absolument pour se bidonner joyeusement, que l’on soit seul ou entre amis.

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