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Entrevue avec Julien Tapp

Par • 3 juillet 2008 à 13:57

Julien Tapp fait partie de la face cachée des spectacles d’humour : il écrit les textes qui seront interprétés par les humoristes. Regard ludique sur le métier d’auteur spécialisé en humour.

 

WILLIAM BERETTA — Pour commencer, est-ce que tu peux nous décrire ton parcours en humour ?

 

JULIEN TAPP — J’ai toujours été tata, mais, l’année passée, je l’ai prouvé en recevant mon diplôme de l’École nationale de l’Humour. J’ai fait le fameux programme « auteur ». J’ai vraiment tout appris ce qu’il y avait à savoir sur le logiciel Word. Maintenant, je sais comment faire du copier/coller. Merci Louise Richer ! (Pour de vrai, merci énormément, Louise. C’est le bout « émotion » de l’entrevue).

 

W.B. — Quelle est ton implication cette année pour le Festival ?

 

J.T. — Je suis auteur résident à Juste pour Rire. « Résident », dans le sens où, quand ils engagent quelqu’un, il doit dormir là-bas. C’est super ! J’aimerais profiter de cette tribune pour saluer ma copine avec qui je venais tout juste d’emménager.

 

W.B. — Qu’est-ce que ça fait de travailler dans l’ombre ?

 

J.T. — Je pourrais te dire que, travailler dans l’ombre, ça fait qu’on n’est pas très bronzé, mais ça serait un mauvais jeu mot de mots avec « ombre ».

 

W.B. — Est-ce que les artistes sont reconnaissants vis-à-vis de ton travail ?

 

J.T. — Les artistes sont super reconnaissants quand tu as une bonne idée, mais quand ton idée est mauvaise, ils te pointent du doigt et ils rient très fort. Heureusement, ils n’ont pas à portée de main de roches à lancer.

 

W.B. — Ça pourrait ressembler à du ballon-chasseur assez hardcore. Au fait, pour ou contre le ballon-chasseur dans les écoles primaires ?

 

J.T. — En tant que joueur de ballon-chasseur dans les cours d’écoles primaires, je dois me ranger du côté du « pour ». Je pense que c’est le sport parfait pour montrer aux filles qu’on est plus fort qu’eux.

 

W.B. — Je suis totalement d’accord avec ça. Si on revient à l’humour, à quoi peut ressembler une séance typique de brainstorming d’auteurs spécialisés en humour ?

 

J.T. — C’est un peu comme un match de lutte amateur dans un sous-sol d’église. On se casse des chaises sur la tête jusqu’à ce qu’une bonne idée survienne. Des fois, c’est long…

 

W.B. — Lorsque tu écris pour un humoriste en particulier, est-ce que tu prends en considération sa gestuelle et ses mimiques personnelles ou tu ne te concentres que sur le texte ?

 

J.T. — J’essaie d’ignorer le plus possible les spécificités de l’humoriste. Je me dis : « C’est pas parce que t’as fait 20 ans de carrière avec l’ironie que j’peux pas te mettre de l’absurde dans bouche ». Je pense que l’important, c’est de forcer l’humoriste à adapter son style à ton écriture.

 

W.B. — Peux-tu nous expliquer un ou deux patterns de gags, avec des exemples ?

 

J.T. — Toute phrase peut être un gag. Il suffit d’ajouter un rire à la fin. Idéalement, un humoriste devrait toujours avoir un rieur à portée de main.

 

W.B. — En terminant, roche, papier ou ciseaux ?

 

J.T. — Papier, parce que je tripe fort sur l’origami.

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