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Chronique 11 questionsPourquoi poser 10 questions lorsqu'on peut en poser 11? Série d'entrevues colorées exclusives à DimancheMatin.com.

11 questions à Jean-Sébastien Bérubé

Par • 12 mai 2010 à 9:20

Né un 11 décembre 1978 et originaire de Rimouski, Jean-Sébastien Bérubé pratique un métier qui ferait sans doute l’envie de plusieurs. Il dessine! Je vous invite donc à découvrir ce sympathique personnage à travers la chronique 11 questions. Car pourquoi poser 10 questions quand on peut en poser 11!

1- Depuis quand as-tu cette passion pour le dessin?
Depuis l’âge 5 ans. C’est mon père qui m’a donné le goût du dessin. Je me pratiquais à dessiner des personnages de jeux vidéos, comme Super Mario Bros et Zelda.

2- Comment as-tu réussi à dénicher tes premiers contrats professionnels?
Je me suis fait remarquer à la polyvalente en secondaire 3 ou 4, parce que je faisais des bandes dessinées dans le journal étudiant. On m’a alors offert des contrats pour des affiches publicitaires. Je devais avoir 15 ou 16 ans.

3- J’ignorais l’existence d’un baccalauréat en bande dessinée avant aujourd’hui! Est-ce qu’un tel diplôme ouvre rapidement beaucoup de portes sur des contrats ou est-ce un coup de chance?
C’est un coup de chance et beaucoup de travail, de persévérance et d’acharnement. En fait, un diplôme en bande dessinée est plutôt mal vu dans la société. Il n’y a pas de débouchés dans ce domaine. C’est un milieu très difficile et très compétitif.

4- Quel style affectionnes-tu particulièrement lorsque vient le temps de créer?
Mon style entre dans la catégorie semi-réaliste. À mi-chemin entre le réalisme et la caricature. Je prône plus l’expressivité du dessin plutôt que la précision. Pour moi, je raconte des histoires. Je ne suis pas un architecte. J’ai un trait gestuel et spontané, tout en sachant où je m’en vais. J’ai été beaucoup influencé par des auteurs comme Loisel, Christophe Blain, Joann Sfar, Moebius, puis des auteurs de manga et de comics américains.

5- Raconte-nous comment s’est réalisé ton premier livre « Radisson ».
C’était l’idée de mon père. Il me parlait de Radisson depuis des années, mais moi, j’avais d’autres projets en tête. Mon père me disait que faire une BD sur Radisson, ça pouvait attirer un public québécois et intéresser par le fait même les Français, parce que c’est une partie de notre histoire. Radisson est un personnage qui a vécu beaucoup d’aventures invraisemblables et sa philosophie de vie est intéressante, surtout pour l’époque. À un moment dans ma vie où ça n’allait pas bien professionnellement parce que tous mes projets étaient refusés et que je n’avais pas de travail, mon père a fini par me convaincre d’essayer avec Radisson. Puis ça a marché. J’ai vendu beaucoup d’albums et la série est distribuée dans 4 pays francophones. Le tome deux s’en vient et il y aura aussi un tome 3. Mon père n’aura pas vu ce succès, puisqu’il est décédé pendant que je faisais le tome 1.

6- Est-il aussi enrichissant pour toi de créer de la fiction que de la publicité?
Je n’aime pas la publicité. Sauf si c’est pour véhiculer un message du genre écologique ou humanitaire. J’ai fait de la publicité seulement pour me faire connaître et pour gagner de l’argent. J’ai trouvé cela très ennuyant et pas très créatif. Un jour, on m’a demandé de faire des dessins pour Coca-Cola. Je n’en ai réalisé qu’un, parce que je trouvais ça ridicule. Puis, des années plus tard, j’ai appris que Coca-Cola faisait assassiner des ouvriers, dans leurs usines, qui voulaient créer un syndicat en Amérique du Sud.

7- En parcourant ton blogue Bérubédé, j’ai cru remarquer quelques influences manga. Est-ce un style dont tu aimes t’inspirer?
Je n’aime pas tous les mangas, mais il y en a quelques uns qui m’ont vraiment jeté par terre. Deux auteurs de mangas m’ont beaucoup inspiré. Taiyou Matsumoto et Isashi Sakaguchi. Je les adore parce qu’ils ne font pas du manga ordinaire. Ils sortent vraiment des sentiers battus et ils font des trucs plus personnels, très original. Pour moi, les mangas Ikkyu et Ping-Pong sont des chefs d’œuvres.

8- Quels projets attendent Jean-Sébastien Bérubé?
Je me suis donné comme objectif de réaliser la série Radisson en 5 albums. Il ne m’en reste que trois à faire. Ensuite, j’ai d’autres projets en tête, plus personnels, mais toujours des récits d’aventure. Je pense entre autre à un projet original que j’ai sur les arts martiaux, mais il nécessiterait d’être approfondi davantage.

9- Est-ce difficile pour un dessinateur de travailler en collaboration avec des auteurs ou d’autres bédéistes?
Ça dépend pour qui. J’ai travaillé avec 4 scénaristes jusqu’à maintenant, et il n’y en a qu’un avec qui ça a bien fonctionné. Il faut dire que les 3 autres n’étaient pas professionnels et qu’ils n’avaient jamais fait ça. C’est très rare de trouver des gens professionnels en bande dessinée au Québec. De mon côté, il y a des gens avec qui je m’entends bien et d’autres pas. Je ne pourrais pas collaborer avec n’importe qui. Je suis très exigeant et très sélectif.

10- Idéalement, quels genre de contrats aimerais-tu avoir dans les prochaines années?
Ceux que j’ai en ce moment me conviennent parfaitement. Mais j’aimerais peut-être faire des romans graphiques (de la BD en noir et blanc avec plus de pages et une couverture souple.) J’aimerais peut-être aussi travailler dans le cinéma d’animation. J’aime beaucoup aller au cinéma et être secoué par un bon film. Mais ce qui est vraiment important pour moi, c’est de faire de la bonne bande dessinée.

11- Pour terminer, j’ai eu le plaisir de te voir au salon du livre de Mont-Joli dans une compétition amicale d’improvisation de bédéistes. Si tu nous illustrais ce que t’inspire le thème « Samuraï BBQ »

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Une Réponse »

  1. […] surtout, voir un tas d’esquisses qui ont servi à créer Radisson, allez voir son blogue. Et quelques chouettes entrevues avec l’auteur, qui vient de mon coin de pays! Share […]

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