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Entrevue avec Frank Grenier

Par • 16 octobre 2009 à 15:03

entrevue_frank_grenierDe nombreux humoristes passent par l’École nationale de l’Humour pour apprendre le métier et démarrer leur carrière. D’autres réussissent à rouler leur bosse de manière indépendante. Frank Grenier fait partie de la deuxième catégorie. Humoriste autodidacte, il ne se gêne pas pour faire avancer ses projets, même s’ils sont en marge. Pour le mois de l’épouvante ici à Dimanche Matin, voici une rencontre avec celui que l’on surnomme « Frank Gore ».

WILLIAM BERETTA — Tu animes des soirées un peu spéciales appelées « Humour Gore ». Peux-tu nous expliquer un peu ce qu’est l’humour gore ?

FRANK GRENIER — Ma soirée nommée « Les Lundis Humour Gore » est une soirée où les humoristes peuvent se défouler, se gâter et repousser les limites ! On laisse place à de l’humour cru, vulgaire, déplacé. Aucune censure, aucun tabou. C’est comme quand tu spottes une fille à 3h du matin : on ramasse les textes que les autres soirées ne voudraient pas !

W.B. — Dans le sens positif, évidemment. Et est-ce que les humoristes invités aiment se prêter au jeu ?

F.G. — Les humoristes aiment bien la soirée et la thématique parce qu’on exploite ce concept sans prétention, juste pour le plaisir ! La foule sait à quoi s’attendre, les humoristes savent aussi à quoi s’attendre. C’est leur défi de trouver une manière d’être drôle là-dedans.

W.B. — Est-ce qu’il y a des thèmes trop hard ?

F.G. — Je ne crois pas, non. Tout peut être abordé, il suffit de trouver comment. C’est possible de faire un numéro sur des thèmes plus hards si on sait comment le faire. Il y a de l’humour dans toutes les situations, qu’on le voie ou non. Il suffit de le faire correctement, professionnellement et intelligemment. Je ne crois pas à la censure, mais je crois à l’intelligence et au tact.

W.B. — Est-ce que tu animes d’autres soirées ?

F.G. — J’anime également les « Mercredis de l’Humour » au Rack’N’Roll de Boucherville. C’est une soirée plus standard dans la formule, avec deux humoristes en première partie et un headliner. C’est vraiment l’fun, la place est belle, la foule embarque et l’équipe de production est motivée.

W.B. —Je change un peu de sujet : j’ai entendu dire que tu as produit un film. Est-ce vrai ?

F.G. — Oui, tout à fait. Ça s’appelle « Les Épouvantails ».

W.B. — De quoi ça parle ?

F.G. — C’est une comédie sans prétention. Le but est de faire réfléchir un peu et rire beaucoup. Ça raconte la vie d’humoristes, le quotidien, un triangle amoureux… C’est en fait un film de dialogues avec plusieurs retours en arrière. Ça va sortir en 2010.

W.B. — Et pour le financement, tu t’es arrangé comment ?

F.G. — Je n’ai pas eu de financement pour ce film, et je n’en ai pas demandé non plus. Logique n’est-ce pas ?

W.B. — Logique, en effet. Mais pourquoi ?

F.G. — Pour avoir un peu d’expérience avec le financement au cinéma, je ne croyais pas que quelqu’un injecterait de l’argent dans une comédie indépendante qui n’a pas Patrick Huard ou Rémy Girard dedans ! En plus, je voulais avoir la liberté de faire le film comme je le voulais. Je me suis donc autofinancé.

W.B. — Ça a valu la peine ?

F.G. — C’était tout un défi de produire ce long métrage, mais quelle expérience ! J’en ai tellement appris sur le cinéma, sur la gestion, sur les humains. Juste ce que j’ai acquis au niveau personnel valait les risques, les efforts et les sacrifices. Largement.

W.B. — Parfait. On a hâte de voir ça. Si tu veux bien, j’enchaîne avec quelques questions en rafale, pour te connaître un peu plus.

F.G. — Est-ce que j’ai le choix ?

W.B. — Non. Allons-y ! Est-ce que tu ferais un bon roi spartiate ?

F.G. — Absolument pas ! Je suis assez pacifique, je n’aime pas les batailles ou les combats de testostérone inutiles. Donc, si j’étais un roi spartiate, on serait exterminé assez rapidement. Si j’étais roi, je serais plus dans le moule pour être le Burger King, ou le King of the Ring à la lutte ! Oh que j’aurais tout donné pour remporter ce prestigieux tournoi de lutte !

W.B. — Une prédiction pour le Super Bowl ?

F.G. — Victoire par 3 buts en 9e manche par les Islanders de Chicago contre les Phillies de Sorel.

W.B. — Hein ?

F.G. — Mais non ! Tu sais que je suis un fan fini de la NFL ! Question facile : victoire sans équivoque par la meilleure équipe de la NFL, les Colts d’Indianapolis ! Mais j’ai bien hâte de voir les performances de quelques équipes s’ils se rendent en séries éliminatoires, comme les Jets de New York, les Steelers de Pittsburgh et tes fameux 49ers de San Francisco ! Penses-tu qu’ils vont se remettre de la blessure de mon alter ego Frank Gore ?

W.B. — Je prie chaque jour, Frank. Chaque jour… Restons dans le sport : est-ce que tu penses qu’Usain Bolt va éventuellement courir le 100m avec un temps négatif ?

F.G. — Avec tous les vortex et tous les warp zones qui traînent partout dans notre société, on ne sait jamais. Ce qui me fait rire avec Usain Bolt, c’est qu’il est très arrogant pour un gars qui peut devenir un parfait nobody avec une simple blessure à la cheville ! Mais avec lui, contrairement à la Sud Africaine (ou Sud Africain) Caster Semenya, on sait que c’est un homme depuis le début…

W.B. — Effectivement, y’a pas trop de doutes là-dessus. En terminant, je te propose une version gore de roche, papier, ciseaux : massue de pédophile, papier sablé plein de pus ou hache de meurtrier ?

F.G. — Je ne sais pas comment tu as mis la main sur ma liste de cadeaux que je veux pour Noël, mais je vais répondre quand même… ouf… le papier sablé plein de pus risque d’être le plus fort, car si tu l’étends et le frottes sur le manche de la hache et de la massue, personne ne voudra les prendre. Mais, si on a affaire à un pédophile meurtrier qui a une hache et une massue, le papier sable pourrait passer un mauvais quart d’heure. Je vais donc répondre avec ma carte cachée, l’équivalent de l’allumette : je choisis la patte de chaise avec du sang pas encore coagulé dont les prisonniers se servent pour sodomiser Vincent Lacroix ! (Pause.) Je gagne-tu ?

Les Lundis Humour Gore
Chaque lundi, 21h, 5$
Bar L’Hémisphère Gauche (221 Beaubien Est), Montréal
Production des Gitans de L’Humour, avec l’aide de Simon Quesnel-Boulay

Les Mercredis De L’Humour
Chaque mercredi, 21h, 7$
Bar Le Rack’N’Roll (20 de la Mortagne), Boucherville
Production des Productions P2 de Pascal Labonté

Le long métrage « Les Épouvantails »
Avec les acteurs Mathieu Gosselin, Frank Grenier, Linda Bouchard et Sarah Tellone-Levesque
Sortie prévue en 2010

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