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Dirty Harry : les limites de la loi face à une violence criminelle qui s’accroît (1971)

Par • 18 avril 2010 à 9:20

Dans le film Zodiac de David Fincher, il y a un segment où il est question du film Dirty Harry, dont le scénario et le personnage du tueur déséquilibré se seraient inspirés du célèbre criminel qui se faisait appelé le Zodiaque. Regard sur un long-métrage controversé par sa violence et qui est devenu l’un des films policiers américains les plus marquants du genre.

À San Francisco, un tueur se faisant appeler Scorpio a abattu avec un fusil à lunettes une jeune fille sur le toit d’un building. Il fait savoir à la mairie qu’il commettra d’autres crimes si on ne lui verse pas 100 000 dollars. L’inspecteur Harry Callahan, bien connu pour ses méthodes expéditives, est chargé de retrouver ce maniaque et son supérieur lui assigne un nouveau jeune partenaire pour l’aider: Chico Gonzalez. Malgré le piège tendu par Harry et Chico près d’une église, Scorpio leur glisse entre les doigts. Plus tard, il abat un jeune noir et alerte les autorités qu’il a kidnappé une jeune adolescente qui risque de mourir étouffée après un certain délai si on ne lui verse pas le montant de la rançon, cette fois de 200 000 dollars.

Harry est désigné pour apporter l’argent au maniaque, mais prend des précautions avec Chico pour pouvoir l’arrêter. La manoeuvre échoue et Harry et Chico sont blessés, mais le tueur aussi et il n’a pu emporter l’argent. Harry le retrace dans un stade et l’arrête, non sans l’avoir torturé pour savoir où l’adolescente kidnappée est enfermée. En conséquence de ses actes et parce qu’Harry n’avait pas de mandat, Scorpio est libéré. Après avoir discréditer Harry publiquement, Scorpio vole une arme à feu et détourne un autobus scolaire. En échange de la libération des enfants, il exige une nouvelle rançon et un avion pour quitter le pays. Harry refuse cette fois de lui porter l’argent et décide d’éliminer définitivement Scorpio.

Ce film culte, qui a fait un carton dans plusieurs pays du monde, a posé un véritable jalon dans l’histoire du polar cinématographique par sa violence urbaine très dure pour l’époque et le point de non-retour qu’elle peut entraîner comme conséquence. Don Siegel nous livre une mise en scène sur les chapeaux de roue où il expose, avec plus de complexité et de profondeur qu’il n’y paraît, la problématique sociale entourant l’inquiétude, l’anxiété et la colère des citoyens face à l’expansion de la criminalité urbaine.

Alternant des formes géométriques qui jouent sur l’asymétrie supposément symétrique que représente la ville moderne, le réalisateur y fait confronter l’absence d’humanisme de ses deux principaux personnages. Le film, contrairement à ce que les critiques et la majorité des gens ont prétendus à l’époque de sa sortie, n’est pas pour autant fasciste; l’utilisation de la violence pour répondre à la violence, représenté par le personnage incarné par Clint Eastwood, amène seulement un éclaircissement sur l’opposition de la loi par rapport au sens moral, ce qui est contraire au fascisme.

De ce fait, le film pose un regard sincère sur la psychose et le cynisme des citoyens engendré par l’accroissement de la violence, et la nécessité d’employer de nouvelles méthodes policières pour faire face aux mutations de la criminalité à l’intérieur des grandes cités américaines vers la fin des années 60. Tous ces éléments suscitent des réflexions éthiques ambiguës, mais importantes chez les spectateurs. DIRTY HARRY est donc bien plus qu’un film commercial d’une vigueur indiscutable, comportant des dialogues percutants et des scènes d’actions et de brutalités féroces.

Il s’agit très certainement d’un classique incontournable du polar cinématographique, dans la continuité des grandes oeuvres du genre comme BULLITT, FRENCH CONNECTION et THE DETECTIVE. L’extraordinaire prestation de Clint Eastwood dans le rôle de Harry le charognard figure au panthéon des interprétations cultes, et Andy Robinson compose son adversaire psychopathe avec une effroyable habileté.

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