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Critique : Weezer – Raditude (2009)

Par • 5 novembre 2009 à 16:53

Weezer - RaditudeRivers Cuomo est un homme étrange. Vraiment étrange. Derrière ses lunettes à monture épaisse et ses airs de garçon timide, il est un créateur aussi original que troublé. Et ça paraît sur le petit dernier de Weezer. Septième album de la formation, Raditude est le disque le plus déstabilisant du groupe à ce jour. Si certains fans ont décidé d’abandonner le groupe après Make Believe en 2005, ils n’avaient encore rien entendu.

Sur l’album rouge (2008) Cuomo chantait les vers suivants dans la chanson Pork and Beans :

Timbaland knows the way to reach the top of the charts (Timbaland sait comment atteindre le sommet des palmarès)
Maybe if I work with him I can perfect the art (Peut-être que si je travaille avec lui, je peux perfectionner cet art)

Devinez quoi? C’est exactement ce que Cuomo a fait avec la chanson pop-dance-bonbon Can’t Stop Patying, sauf qu’il a lâché un coup de fil au rapeur Lil’ Wayne au lieu de déranger Timbaland. Et qui peut le blâmer? Si c’est ce genre de musique qui vend, ce sont les consommateurs qu’il faut pointer du doigt. Pas les créateurs qui essaient de tirer leur épingle du jeu. Et dans le genre, c’est plutôt réussi.

Piste par piste, Raditude est un album inégal. La pièce (If You’re Wondering If I Want You To) I Want You To est le meilleur extrait radio du groupe depuis Hash Pipe (2001) alors que Love is the Answer, avec ses airs indiens, est la chanson la plus insupportable des sept albums de Weezer. Pour poursuivre dans les contrastes, Raditude est l’album le plus pop du groupe alors que la pièce In the Mall est l’une des plus grunge à avoir vu le jour sur un album de la joyeuse troupe dans les dix dernières années. Pour ce qui est des paroles, on fait face au meilleur avec Trippin’ Down the Freeway et au pire avec I’m your Daddy (qui demeure une bonne pièce si on s’abstient de lire le livret).

Une version Deluxe de l’album avec quatre pièces supplémentaires est aussi disponible. Mais une seule chanson, The Prettiest Girl in the Whole Wide World, vaut le détour. Par ailleurs, une version embryonnaire de cette chanson existe sur l’album Alone II (deuxième volume de compilations de démos de Rivers Cuomo) qui contient aussi des ébauches primaires de Can’t Stop Partying et I Don’t Want To Let You Go.

Somme toute, Raditude demeure accessible. Ce n’est pas parce que c’est différent que c’est mauvais. Lorsqu’on arrive à décrocher du Weezer des années 90, on peut trouver quelque chose d’intéressant. Au bilan, seul le temps saura nous dire si ce dernier effort représente un pied de nez au reste de la carrière de Weezer ou une nouvelle avenue qui sera explorée avec plus de profondeur sur les prochains projets du groupe.

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