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Critique du film Mesrine : L’instinct de Mort

Par • 2 septembre 2010 à 17:18

Après plus d’un an d’attente, le fameux diptyque sur la vie du gangster Jacques Mesrine sort enfin sur les écrans de la Belle Province. Inutile de dire que cette attente en valait la peine, et que le public, déjà venu en grand nombre voir les deux films en avant-première et en exclusivité au festival FANTASIA, n’a pas été déçu.

Après avoir participé en 1959 à la guerre d’Algérie où il était assigné aux « corvées de bois », Jacques Mesrine revient en France. Bien que son père lui ait trouvé un travail, Mesrine préfère se livrer à des petits casses avec son ami Paul pour le compte de Guido, un homme très influent dans le Milieu. Il épouse Sofia, une Espagnole avec qui il a trois enfants.

Lorsque Mesrine est arrêté une première fois, Sofia le persuade momentanément d’abandonner sa vie de voyou. À sa sortie de prison, il se trouve brièvement un boulot chez un architecte-décorateur avant de replonger dans le crime avec Paul et Guido, ce qui fait que Sofia le quitte. Avec la complicité de sa nouvelle maîtresse Jeanne Schneider, Mesrine ne tarde pas à se bâtir une réputation de redoutable braqueur, au point où le couple, activement recherché, doit quitter la France.

Arrivés au Québec, Mesrine et Jeanne obtiennent un emploi chez un milliardaire, Deslauriers, qu’ils kidnappent lorsque celui-ci veut les licencier. L’opération échoue, et le couple en fuite est arrêté aux États-Unis. Extradé et emprisonné au Québec, Mesrine trouve quand même le moyen, en compagnie de son complice et ami québécois Jean-Paul Mercier, de s’évader du pénitencier de St-Vincent-de-Paul, dont personne ne s’était évadé jusque là.

Pour cette première partie, qui couvre les débuts de Mesrine en France jusqu’à son passage marquant au Québec, le réalisateur Jean-François Richet et son scénariste Abdel Raouf Dafri annoncent la couleur d’entrée de jeu avec un texte en début de projection; pas question d’idéaliser un personnage déjà légendaire, même si la fiction, de toute évidence, se mêle à la réalité dans le récit.

Grâce à une suite de scènes brèves, bien que parfois épisodiques, qui souligne avec intelligence l’évolution de Mesrine dans le monde du crime et la violence brutale qui l’accompagne, Richet trace un portrait plutôt objectif du gangster en évitant de juger ses actes, tout en lui donnant progressivement une richesse crédible sur le plan humain davantage que psychologique.

Pour y arriver, Richet opte pour une mise en scène souple qui ne laisse place à aucune chute de rythme, même dans les moments d’action. Quelques touches d’humour jubilatoires viennent également rehausser un ensemble qui refuse de sombrer dans la lourdeur du mélodrame façon biographie hollywoodienne.

Richet sait également faire un usage pertinent des techniques cinématographiques inventées ou employées durant la décennie couverte dans l’intrigue. À titre d’exemple, on peut mentionner l’emploi de l’écran partagé, présenté à Montréal lors de l’Exposition Universelle de 1967, soit quelques mois avant l’arrivée de Mesrine au Québec. Et puisqu’il est question des années 60, la reconstitution de cette période, tant dans les costumes que les accessoires, est convaincante et minutieuse.

Sous les traits de Mesrine, Vincent Cassel s’impose avec une composition magistrale très fouillée et étudiée du légendaire bandit, tandis que le reste de la distribution, triée sur le volet, ne demeure pas en reste en jouant au même diapason que la vedette.

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