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Compulsion : Le portrait psychologique d’un tandem criminel (1959)

Par • 19 octobre 2009 à 11:25

film_compulsion_1959À Chicago en 1924, deux étudiants de riches familles, Artie et Judd, imprégnés des théories du surhomme de Nietzsche, en viennent à assassiner gratuitement un jeune garçon nommé Kessler après l’avoir kidnappé. Comme un indice important retrouvé sur les lieux du crime risque de les démasquer, Artie tente d’égarer la police vers une fausse piste.

Malgré leurs mensonges et leurs faux alibis, Artie et Judd sont fortement soupçonnés par la police d’être les coupables du meurtre de Kessler. Finalement arrêtés, leurs parents engagent pour les défendre le célèbre avocat Jonathan Wilke, reconnu pour ses prises de position contre la peine de mort. Wilke, bien que convaincu de la culpabilité d’Artie et Judd, tente de leur éviter la potence lors du procès, afin qu’ils soient plutôt condamnés à perpétuité.

Bien avant The Boston Strangler et Ten Rillington Place, le réalisteur Richard Fleischer avait déjà manifesté son intérêt pour les faits divers criminels. Compulsion s’inspire ici de l’affaire Leopold & Loeb, ces deux fils de millionnaires qui entretenaient une relation homosexuelle de maître/esclave, et qui ont assassiné gratuitement par plaisir un jeune adolescent de 14 ans, poussés par les théories de Nietzsche. Cette affaire avait déjà fait l’objet d’une adaptation au théâtre, et d’une version filmique réalisée par Hitchcock intitulée The Rope en 1948.

Pour son film, Fleischer s’est intéressé davantage à la mentalité de ces deux criminels, et toute sa mise en scène est au service des protagonistes et de leur psychologie par sa finesse. Ceci ne l’empêche pas, bien au contraire, d’accrocher le spectateur tout du long, avec des prouesses techniques et des mouvements fluides de la caméra qui confèrent au récit une tension certaine.

Ainsi, même si le traitement d’ensemble demeure sobre, Fleischer arrive presque encore une fois à égaler le maître Hitchcock en matière de suspense. Les idées narratives, visuelles ou sonores ne manquent pas dans ce long-métrage pour en témoigner. Le tout se conclut par un sincère plaidoyer contre la peine de mort, malgré la gratuité du crime commis par le tandem assassin. Quant à l’interprétation, elle s’avère collectivement sublime, en plus de bénéficier de la présence d’Orson Welles dans le rôle de l’avocat de la défense (rôle qu’il reprendra 3 ans plus tard dans son chef d’oeuvre inspiré de Kafka, The Trial).

Si vous en avez marre des thrillers vides ou artificiels, comme il en pullule à chaque année sur nos écrans et à la télévision, allez vous louer Compulsion disponible sur DVD), vous ne le regretterez pas.

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