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City And Colour – Bring Me Your Love

Par • 19 février 2008 à 12:26

Des fois, même les musiciens les plus brutaux ressentent une envie de montrer au monde entier leur côté blé entier, de nous raconter leurs déchirures et leurs victoires (merci AW pour cette expression). City And Colour, le projet solo acoustique du guitariste et chanteur d’Alexisonfire, Dallas Green (Dallas étant bien sûr une city, et Green une colour), nous démontre donc la sensibilité, mais aussi le grand sens mélodique et la voix sans faille de cet artiste ontarien habitué à jouer des riffs de guitare tranchants comme des rasoirs, entre deux hurlements. Surprenant, super audacieux et presque réussi.

 

Après avoir reçu un chaleureux accueil du public avec Sometimes (2005), Green remet ça avec Bring Me Your Love. Exit le hardcore d’Alexisonfire, on retrouve sur cet album des pièces folk (The Girl, Body In A Box), des balades tristes à souhait (Forgive Me, As Much As I Ever Could) et quelques petits bijoux de pop incrustés d’émotions à fleur de peau (Waiting…, Constant Knot, Sleeping Sickness avec Gordon Downie de Tragically Hip). L’écoute n’est donc pas toujours facile. Pourtant, les longueurs, quasi inexistantes, ne dérangent en rien l’auditeur, pour autant que celui-ci sache à quoi s’attendre ; c’est plutôt l’énième exploration de ces territoires parfois archi-connus qui parsèment le parcours à travers Bring Me Your Love qui peuvent faire faiblir l’attention. Autrement dit, c’est de la très belle musique, Green a une voix superbe (qui rappelle parfois Thom Yorke, de Radiohead), mais côté originalité, on perd des points. L’atmosphère éthérée, réussie, mais parfois mieux par d’autres artistes (Sensible Heart, Against The Grain, What Makes A Man), finit par envelopper au fur et à mesure que les minutes passent, mais au détriment d’une certaine réminiscence qui s’évapore une fois le CD remis dans la pochette.

 

Les uns considéreront ce disque comme une simple curiosité d’un autre artiste talentueux qui, voyant enfin le projecteur se braquer sur lui pendant tout le temps d’un album, réussit sa mission en livrant un essai de qualité, mais vite oublié. Les autres y verront probablement ce que plusieurs voient déjà, un jeune homme avec un potentiel monstre qui ne nous donne ici qu’un petit indice de ce qu’il nous réserve. Un très bon disque, un peu convenu, et parfois même immature, mais extrêmement intense par moments.

 

J’ai particulièrement apprécié :

– Sleeping Sickness

– Waiting…

– Confessions

 

Note : *** ½

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Une Réponse »

  1. Je suis totalement d’accord avec toi. Moi qui avait tellement adoré Sometimes, j’ai été un peu déçu, justement par ce manque d’originalité, ou ce petit quelque chose qui manque à Bring Me Your Love.

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