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Cheech (2006)

Par • 24 avril 2007 à 16:58

Ron (Patrice Robitaille) a un dur début de journée. Dépressif, il cherche en vain à retrouver le sourire et lorsqu’il arrive au bureau de son agence d’escorte, il découvre que la pièce a été cambriolée. Les voleurs lui ont volé son « book », le livre dans lequel il dresse les photos de ses filles. Il s’agit peut-être d’un de ses concurrents, Cheech. Pendant ce temps, Jenny (Anick Lemay), la plus populaire des escortes de Ron, tente de retracer ce Cheech, Maxime (Maxime Denommée), l’assistant de Ron, essaie de sauver Stéphanie (Fanny Mallette), une autre escorte qui, décidément, n’aime plus son travail tandis qu’Olivier (François Létourneau) s’efforce tant bien que mal d’accueillir cette Stéphanie, sa première escorte à vie. Tout ce beau monde se croise et se recroise dans une folle journée digne d’un tourbillon pervers.

 

Cheech est un film surprenant dans son traitement de l’intrigue et dans son ambiance. La trame n’est pas simple, mais multiple dans la mesure où tous les personnages sont développés individuellement et entrent en relation avec les autres qu’ils ne connaissent pas toujours. On a déjà vu ce type d’intrigue dans Pulp Fiction de Tarantino, mais ici, l’ambiance est tout autre. On nage dans la dépression. Elle est partout, elle suit les personnages comme de la merde sous leurs bottes en serpent, elle est dans tous les recoins et ne leur laisse pas une minute de répit. Avec un peu de recul, on en rit. Mais si l’on s’identifie trop aux personnages, on en sort bouleversé. Il n’y a pas un personnage qui semble sain d’esprit, ce qui donne lieu à des scènes où le sérieux des répliques contraste avec l’apparence des acteurs. L’effet est réussi.

 

Les acteurs font du bon boulot. Patrice Robitaille est parfait dans son rôle de gars dépassé par la vie, débordé, dépressif, mais qui veut s’en sortir. Rien ne l’atteint, sinon son propre mal de vivre. Cet omniprésent mal de vivre est communiqué avec éclat par Fanny Mallette dans une scène poignante interprétée par elle et François Létourneau dans la peau d’un Olivier submergé par la gêne. Anick Lemay et Maxime Denommée sont constants et Maxim Gaudette, incarnant Alexis, le voisin d’Olivier, est solide dans un petit rôle pas très évident. Bref, Cheech remplit sa fonction de comédie noire. On rit un peu et on est dans le noir dépressif du début à la fin.

 

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