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Chronique classiques du cinéIl y a de ces films inoubliables. De grands réalisateurs au grand écran... du grand cinéma pour de grands moments!

Champion : glorieux ancêtre de Rocky et de Raging Bull (1949)

Par • 30 novembre 2007 à 0:00

En premier lieu, il est intéressant de signaler que le réalisateur Mark Robson, à qui on doit également Earthquake (1974), était né à Montréal en 1913 pour s’éteindre à Londres, près de 65 ans plus tard.

 

Sport vénéré par certains et exécré par plusieurs, la boxe a inspiré une quantité impressionnante de longs métrages depuis les débuts du cinéma. La plupart du temps, les vedettes campant des boxeurs trouvèrent dans ces films des rôles marquants, parfois même oscarisés (des exemples : Wallace Beery dans The Champ et Robert De Niro dans Raging Bull). Incidemment, Champion permit à Kirk Douglas de décrocher la première de ses trois nominations aux Oscars.

 

Champion narre le cheminement chaotique de Midge Kelly (Kirk Douglas), boxeur doué au tempérament volcanique. Issu d’un milieu pauvre, il sera engagé in extremis par un entraîneur dont le protégé blessé ne peut livrer le combat prévu. Fonceur, narcissique et obstiné, Kelly gravira rapidement les échelons le menant à l’étape ultime : le championnat du monde. Il aura auparavant piétiné bien des innocents, parmi lesquels son timide frère infirme Connie (Arthur Kennedy) et quelques jolies femmes.

 

Les toutes premières scènes de cette production nous font voir la montée vers l’arène de Midge, au faîte de la gloire et acclamé par une foule en délire : on s’y croirait, tant l’atmosphère survoltée traverse l’écran. En un éclair, on nous transporte plusieurs années en arrière, à bord d’un train, alors que Midge, fringant jeune homme, assène une magistrale raclée à des voyous, qui se conclura par la violente expulsion des deux frères Kelly hors du wagon en marche. Contraints à jouer les autostoppeurs pour atteindre la Californie où ils projettent d’acquérir un restaurant, Midge et Connie déchantent : l’établissement n’est plus à vendre. Les deux garçons s’y retrouvent donc serveurs et plongeurs pour un patron intransigeant, père de la belle Emma (Ruth Roman). Séducteur incurable, Midge a tôt fait de s’attirer les faveurs de la jeune fille. Un mariage hâtif commandé par le futur beau-père mettra le feu aux poudres. Midge sort du restaurant en claquant la porte, malgré les supplications de Connie qui n’a d’autre choix que de le suivre. Par la suite, aura lieu cette rencontre déterminante dont j’ai parlé précédemment et qui élèvera Midge Kelly au rang d’idole.

 

Le film est à peine commencé qu’on est abasourdi, autant (sinon plus) par le fabuleux talent de Kirk Douglas que par sa musculature. Il nuance à merveille son personnage et on s’y attache, malgré les excès propres à la personnalité de Midge. Arthur Kennedy est tout aussi convaincant et Ruth Roman joue avec une attendrissante discrétion.

 

On ne saurait trop le dire : Champion est un superbe film dont le traitement visuel impeccable rivalise de justesse avec les dialogues incisifs, la méticuleuse reconstitution d’époque et une approche humaniste juste, évitant avec brio le piège des clichés.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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