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Carrie : un Stephen King amélioré (1976)

Par • 5 octobre 2007 à 0:00

Bien sûr, quand on évoque Carrie, on pense immédiatement à la scène finale, propre à glacer le sang des plus insensibles ! Il est cependant regrettable que notre souvenir se rattache à ces quelques secondes car ce long métrage recèle bien davantage.

 

Tout premier roman du démoniaque Stephen King, Carrie constituait certes un immense défi pour Brian De Palma. Les choix de carrière de ce dernier n’ont jamais fait l’unanimité, dû à l’évidente parenté de ses films avec ceux d’un certain Alfred Hitchcock. Alors que plusieurs considèrent De Palma comme un copieur éhonté du réalisateur de Psycho, d’autres – dont je fais partie – voient plutôt dans son travail un hommage à Hitchcock, plus particulièrement dans Obsession et Dressed to Kill.

 

Revenons à Carrie. Adolescente brimée par une mère qui a tout d’une Jesus freak (incroyable Piper Laurie), cette timide rouquine (Sissy Spacek, bouleversante) est la continuelle risée de ses compagnes d’école. La méchanceté de celles-ci atteindra son paroxysme dans les douches, après une partie de volleyball. Ignorant tout des mystères de la vie, Carrie découvre avec horreur que du sang coule sur ses cuisses. Paniquée, elle est convaincue que ses jours sont comptés alors que, tout simplement, elle a ses premières règles… La conduite des collégiennes est alors tellement révoltante que leur professeure leur infligera des sessions supplémentaires de rude gymnastique.

 

Chris, la plus agressive des élèves punies, entend bien se venger. Je vous le donne en mille : sa proie sera l’inoffensive Carrie. Une autre étudiante, Sue (Amy Irving), est tellement envahie par le remords qu’elle décide de racheter son geste en demandant à son petit ami d’accompagner Carrie au bal des finissantes. Bien que la mère folle à lier de cette dernière s’y oppose avec force, Carrie ira à ‘son’ bal… Malheureusement, la soirée qui s’était bien entamée s’achèvera en cauchemar sanglant.

 

Carrie est un indéniable chef-d’œuvre du cinéma d’horreur moderne. Même ceux qui ne raffolent pas tellement des bains de sang ne pourront rester de glace, face à cette naïve jeune fille dotée du don de télékinésie (pouvoir de déplacer des objets à distance). Dès le début, nous sommes de tout cœur avec elle et notre sympathie à son égard croît tout au long de la projection.

 

L’exploit de De Palma dans Carrie est d’avoir revisité avec grand talent l’écriture alors plutôt brouillonne de King. Le scénario de Lawrence D. Cohen gomme les maladresses du roman original, accordant au personnage principal une grâce cruellement absente des pages du livre.

 

Rien n’a été laissé au hasard dans cette production extrêmement soignée. La soirée de bal exprime avec un total réalisme l’ambiance de ces événements où les adolescentes de l’époque faisaient leur entrée officielle dans le monde adulte. Le passage de l’état de jeune fille à celui de femme y est d’ailleurs traité avec un tact émouvant, malgré la brutalité de certaines images qui nous restent longtemps en mémoire.

 

Carrie, c’est du très grand De Palma.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/

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3 Réponses »

  1. Ça ne peut pas mieux décrire ce que j’ai ressenti en lisant le livre et en regardant le film. Merci Richard pour cette très juste crititque!!

  2. J’ai lu le livre il y a deux ans et j’ai assez bien apprécié! C’est le seul Stephen King que j’ai lu et j’ai pu voir un peu son style à travers ma lecture. Mais je pense que je suis trop « moumoune » pour oser regarder le film! 😛

  3. Je suis un fan de Stephen King, mais je n’ai jamais vu Carrie. Ton article me fait regretter ce non-visionnement. Bon travail.

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