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Captain America : The First Avenger

Par • 14 novembre 2011 à 11:46

Le dernier en date des super-héros de l’écurie MARVEL à faire l’objet d’une adaptation à gros budget pour le grand écran ne suscitait pas d’emblée un enthousiasme débordant, surtout chez le public ne vivant pas en Amérique du Nord. La symbolique patriotique du personnage et l’échec de presque toutes les précédentes versions de ses aventures avaient de quoi laisser de vives inquiétudes dans les esprits, même chez les irreductibles fans de BD considérant déjà que Hollywood fait amplement la propagande triomphaliste américaine à travers ses films depuis des lustres.

1942: un jeune américain du nom de Steve Rogers cherche par tous les moyens à s’enrôler dans l’armée de son pays en guerre, malgré une stature physique rachitique et un pauvre bilan de santé. Ses efforts attirent l’attention d’Abraham Erskine, un savant allemand passé dans le camp des Alliés qui prépare un projet pour former des supersoldats. Fasciné par la fougue et le courage du maigrelet Steve Rogers, Erskine le choisit comme cobaye pour le soumettre à une version amélioré de son traitement qu’il a déjà expérimenté en Allemagne sur un certain Johann Schmidt.

Le traitement réussit, car il procure à Steve une impressionnante musculature et un métabolisme accéléré quatre fois plus élevé que la normale. Mais un agent nazi à la solde de Schmidt tue le savant et détruit le laboratoire aussitôt après. Rogers rattrape l’espion et le met hors d’état de nuire, mais son exploit ne passe pas inaperçu et un politicien décide de se servir de lui comme icône héroïque populaire pour favoriser le recrutement de nouveaux soldats. Rogers devient donc bien malgré lui le Capitaine America, le nouveau symbole de l’effort de guerre des États-Unis.

Désireux toutefois de prouver ce qu’il vaut sur le champ de bataille, le jeune capitaine décide alors de s’attaquer de son plein gré à Johann Schmidt, devenu le Crâne Rouge suite aux expériences de Erskine à son égard. Ce supersoldat teuton est parvenu à détourner les ressources nazies à ses propres fins, afin de canaliser une source d’énergie occulte pour créer de nouvelles armes redoutables capables d’anéantir tous les grands centres urbains occidentaux. Accompagné d’une escouade militaire qu’il a lui-même libéré des griffes de Schmidt, Rogers s’acharne à déjouer ses plans en faisant sauter chacune de ses bases secrètes. La puissance du Crâne Rouge ne semble pourtant pas s’affaiblir alors qu’il a l’intention de détruire New-York.

Surprise! Cette nouvelle mouture de CAPTAIN AMERICA parvient à déjouer les écueils et vaincre les préjugés les plus ingrats. Mieux encore, elle s’impose comme une production plus que compétente grâce à une histoire qui tient debout, des décors à la fois historiques et pseudo-futuristes valables, et le professionnalisme technique des prises de vue.

Le nom de Joe Johnston à la réalisation ne laissait pas de quoi pavoiser à prime abord, mais celui-ci s’acquitte de sa tâche consciencieusement grâce à trois décisions clés. D’une part, en désamorçant d’emblée par l’humour parodique le caractère ouvertement patriotique du héros; ce dernier étant d’abord confiné à animer des petits spectacles ridicules avec des pom-pom girls pour encourager le recrutement de soldats et faciliter l’effort de guerre, avant de pouvoir enfin faire ses preuves sur le champ de bataille.

D’autre part, en profitant du contexte de la Seconde Guerre Mondiale pour tisser un parallèle savoureusement évocateur entre les États-Unis et l’Allemagne nazie, fondée sur leurs volontés similaires à vouloir constituer une armée de supersoldats pour dominer la planète. Cette allusion non-voilée était déjà présente dans un autre film de Joe Johnston racontant les exploits d’un autre super-héros situés à la même époque: THE ROCKETEER, et on comprend mieux alors son choix par les producteurs.

Et troisièmement, le réalisateur a eu l’idée d’éviter d’avoir recours au mélo le plus éculé, surtout dans la romance impliquant le héros avec une collègue des services secrets, pour intensifier la portion dramatique. Quelques reproches restent néanmoins à formuler: une musique imbuvable composée par Alan Silvestri, et un canevas narratif sans surprises copié-collé sur les précédentes adapations MARVEL qui de ce fait, force le spectateur à se farcir quelques passages obligés qui ralentissent le rythme inutilement.

Les données visant à inclure le fameux Capitaine dans le groupe des AVENGERS, dont l’adaptation est prévu pour sortir sur les écrans en 2012, sont cependant bien intégrées au récit et tous les acteurs, Chris Evans en tête, se montrent à la hauteur de leur rôle.

Si bien que si l’on fait abstraction de la symbolique étoilée du costume, CAPTAIN AMERICA : THE FIRST AVENGER, en plus de reléguer aux oubliettes toutes les précédentes versions audiovisuelles (voir mon texte sur le film d’Albert Pyun), devrait plaire à un large public, et pas uniquement aux fans de bandes dessinées.

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