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Attack : la lâcheté se nourrit des morts sur le champ de bataille (1956)

Par • 24 mars 2011 à 15:42

Attack!Après le western avec APACHE et VERA CRUZ et le film noir avec KISS ME DEADLY et THE BIG KNIFE, Robert Aldrich a cette fois renouvelé un autre genre cinématographique durant les années 50: le film de guerre.

En 1944 durant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant de l’armée américaine Joe Costa veut dénoncer la lâcheté de son supérieur, le capitaine Cooney, qui a provoqué la mort de plusieurs soldats de son unité. Son collègue le lieutenant Woodruff, insiste auprès du colonel Bartlett pour relever Cooney de ses fonctions, mais celui-ci refuse car il espère obtenir un appui politique du père du capitaine pour faire avancer sa carrière une fois la guerre terminée. Lorsque le régiment commandé par Cooney est mobilisé pour l’attaque d’une petite ville, le capitaine charge Costa et ses hommes d’y pénétrer en avant-garde. Le groupe tombe rapidement dans une embuscade meurtrière tendue par les SS allemands.

Coincé dans une ferme avec quelques survivants, Costa appelle par radio Cooney pour qu’il envoie des renforts. Ce dernier se défile à nouveau en refusant de prendre la communication. Lorsque les tanks allemands tirent sur le poste de commandement de Cooney, la lâcheté de celui-ci éclate au grand jour et Woodruff doit prendre sa place pour assurer la défense des lieux. C’est alors que surgit Costa mortellement blessé, avec la volonté ferme de tuer Cooney. Plus tard, après que l’armée américaine ait repris la ville de peine et de misère, Bartlett, qui a constaté la mort de Costa et Cooney, veut étouffer le scandale en faisant un faux rapport. Réticent et malgré qu’il ait tout à perdre, le lieutenant Woodruff préférera dire la vérité sur ce qui s’est réellement passé.

À partir d’une pièce de l’auteur Norman Brooks, Aldrich a su peindre une fresque puissante qu’il anime habilement grâce une mise en scène vive et stylisée. Délaissant la reconstitution historique spectaculaire qui fût le lot de tant de superproductions de l’époque, le réalisateur a focalisé son attention sur les personnages et leur comportement en temps de guerre afin d’en montrer la réalité physique et les horreurs avec virulence.

Pas étonnant donc que la peur soit le ressort dramatique principal du récit, qu’elle alimente d’une tension croissante à partir d’une succession d’images-chocs qui stigmatisent autant la violence guerrière que la connerie militaire.

À la lecture d’un scénario au propos pacifiste évident qui donne un portrait peu flatteur de ses officiers, l’armée américaine a bien entendu refusé d’apporter son soutien logistique pour le tournage. Qu’importe puisque l’absence de moyens sert le film sur le plan dramatique.

D’une part, Aldrich exploite visuellement l’exiguïté du bunker américain pour évoquer l’impuissance des soldats face à un double-péril: l’un visible en la personne du lâche capitaine et l’autre invisible représenté par l’armée allemande dont la puissance et le poids du nombre ne peuvent être évaluée ou clairement établie. D’autre part, le film évite l’écueil du théâtre filmé par la diversité des plans de caméra, et par l’utilisation judicieuse du noir et blanc dans l’exploration de son thème.

ATTACK est donc une oeuvre qui en dit bien plus long sur la guerre que de nombreux autres longs-métrages classés dans la même catégorie, et qui porte sans contredit la marque personnelle de son auteur, de même que son refus des concessions sur le plan artistique et commercial.

De toute première force, la distribution entièrement masculine est portée par la présence imposante de l’excellent Jack Palance.

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