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Le péril rouge (deuxième de deux articles)

Article publié le 28 août 2008 à 0:00 par Jonathan Habel

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Depuis quelques années, le mouvement souverainiste se fait discret. Les anciens réactionnaires comme les vieux rêveurs ont mis leurs fleurdelisés au placard ; si seulement c’était parce que l’option inverse s’était avérée la meilleure ! Malheureusement, autant le projet d’une nation québécoise est moribond de par sa propre décrépitude, autant le compromis fédéraliste sent le renfermé tellement il est figé dans un embarrassante stagnation. Analyse d’une option qui n’a même pas le mérite d’être un moindre mal.

 

Entre les élucubrations d’un Stéphane Dion qui sonne comme un coach de basketball collégial (« vous allez voir, on va gagner aux prochaines élections ! ») et un Jean Charest dont la réputation de « moindre-effortiste » n’est plus à faire, on se demande comment le côté rouge du ring politique québécois réussit encore à accumuler des points. Oui, d’accord, les tenants du mouvement souverainiste sont passés maîtres dans l’art de se tirer dans le pied, mais il doit y avoir une autre raison. C’est probablement une profonde lassitude assortie d’une indifférence quasi catatonique de la part des votants de ce pays, sinon comment expliquer les succès du Parti Libéral aux élections de mars 2007 ? Comment expliquer la survie de la succursale fédérale après un scandale d’envergure comme celui des commandites ?

 

Parce qu’on ne peut pas voter libéral (ou conservateur, par la même occasion) pour les grandes idées de leurs membres ; en fait, s’il y a quelque chose de vraiment plate à faire dans la vie, c’est de lire le programme du PLQ ou du PLC. Soporifique. C’est bien beau les solutions au problèmes du Québec, mais est-ce qu’on ne pourrait pas avoir un ou deux projets rassembleurs ? Pourrait-on sortir cette torpeur et cette morosité de ces programmes ? Est-ce que la nouvelle couleur du parti de Stephen Harper est le gris ? Mesdames et messieurs les députés, vous êtes 308 à la Chambre des Communes, est-ce que personne n’a une idée, à part un projet pour remplacer celui adopté par le gouvernement précédent, mais en tous points semblable à ce dernier ? Bordel, on dirait un guide sur comment déprimer à propos de notre pays.

 

Quand le plus grand projet d’un gouvernement est de réparer des nids-de-poule à la grandeur de la province, ça va mal côté imagination. Quand ça se bat pour savoir qui va oser déclencher les élections en premier, que finalement personne ne le fait parce que les sondages ne sont pas favorables, et qu’en plus cet état des choses constitue la majorité des discussions sur ce qui se passe en Chambre, c’est vraiment poche. Si le Canada n’est pas en faillite politique, c’est bien parce que toutes les options qu’il offre sont tellement insipides qu’elles s’équivalent toutes. Et ça, l’électeur québécois l’a compris.


Catégorie(s) : Chronique jour de paye, Chroniques

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2 lecteurs ont commentés cet article

  1. Mathieu Lemée a écrit...

    le 28 août 2008 à 9:55

    Je te recommande fortement de voir le film “Le Président” de Henri Verneuil. J’ai d’ailleurs écrit un article sur ce film politique dont le contenu s’applique très bien ici. JE vais même publier ici un extrait qui selon moi apporte un élément d’explication sur cette morosité ou lassitude politique (parlons plutôt d’immobilisme) dont tu fais mention: “La politique, messieurs, devrait être une vocation… Je suis sûr qu’elle l’est pour certain d’entre vous, mais pour le plus grand nombre, elle est un métier… Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient, et qui nécessite de grosses mises de fonds; une campagne électorale coûte cher!… Mais pour certaines grosses sociétés, c’est un placement amortissable en quatre ans… Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là, le placement devient inespéré… Les financiers d’autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa… Eh bien, ceux d’aujourd’hui ont compris qu’il valait mieux régner à Matignon que dans l’Oubangui, et que de fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un Roi Nègre!… Que devient dans tout cela la notion du Bien Public? Je vous laisse juges…”


  2. Pierre-Luc Gagnon a écrit...

    le 29 août 2008 à 20:05

    …Stéphane Dion qui sonne comme un coach de basketball collégial (« vous allez voir, on va gagner aux prochaines élections ! »). HAHAHAHA! Ça c’est du grand Habel!
    Ce texte me fait penser un peu à mon point de vue sur le texte de la semaine passée…




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