DimancheMatin - Arts et culture

L’ART de bien commencer la semaine…

Au sujet des choix…

Par Ayavi Lake • 5 mai, 2008 • Catégorie: Chronique sur d'autres rives

Certains l’auront compris, j’ai choisi d’intégrer le programme ATM. Après avoir hésité, tergiversé, je me suis décidée : Quand on est immigrante francophone, avide de rencontres et de découvertes et qu’on choisit de rester au Québec, de ne pas se laisser séduire (tout de suite) par le Canada anglophone, il y a des choix à faire et à assumer. J’aurais pu (et qui sait si je ne le ferai pas un jour?), comme le font certains de mes amis, m’embarquer dans une carrière universitaire, de recherche avec bourses à l’appui, charges de cours universitaires et tout le bataclan scientifique. Mais je laisse cette filière aux plus doués que moi et surtout, quelque part, je crois que c’est ma façon à moi de refuser de me laisser enfermer dans une des rares voies de salut laissées aux immigrants de cette région : une carrière universitaire. Ce n’est pas qu’elle me déplaise mais plutôt que j’aie envie de briser ce tabou qui veut qu’un immigrant en région ne réussisse finalement qu’à l’université. Mais, me direz-vous, le Cégep est aussi le monde de l’enseignement, alors n’est-ce pas juste reculer pour mieux sauter. Oui et non. Oui parce que rien ne me dit que j’aurai un emploi à la fin de cette formation (au Québec, j’entends) et non parce que la formation reste très technique et, me semble t-il, offre plus d’opportunités variées.

 

Retourner sur les bancs avec des flots de dix ans mes cadets, c’est un défi que je vais relever et auquel je ne m’étais pas préparée en partant de la France, mais qui me tente. Mais j’avoue qu’une chose m’a séduite lors de mes premiers contacts avec ce monde encore nouveau pour moi. Chaque élève est unique, chaque cas est traité différemment. Et plus que jamais, je ressens comment l’éducation et l’instruction sont des droits, quand ce sont encore des privilèges de l’autre côté de l’Atlantique…

 

En attendant, je continue mes découvertes et cette fin de semaine, j’ai pu découvrir une association de femmes créée par des femmes de Jonquière, qui travaille pour une meilleure interconnaissance des femmes d’ailleurs et de Jonquière. Au programme : Un atelier sur le tissage, des échanges et  toujours du dépaysement culturel.

 

Et ne vous en faites pas, Marie de Jonquière et Lyne de Kénogami sont toujours là : Ma vie est toujours aussi trépidante qu’aux premiers mois de mon aventure jonquiéroise.

Ayavi Lake
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