Critique : Panic at the Disco - Pretty. Odd. (2008)
Article publié le 16 avril 2008 à
12:22 par
Jonathan Habel
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Quel tour de force, par la formation Panic At The Disco (notez l’absence du point d’exclamation). Avec leur dernier album, Pretty. Odd., le groupe devrait réussir à s’aliéner une bonne partie de son public jeune et ignare qui avait accroché sur les mélodies sirupeuses et pimpantes de A Fever You Can’t Sweat Out (2006). Ils ne devraient cependant pas non plus renouveler leur bassin d’admirateurs avec cette collection de quinze pièces directement inspirées des Beatles et d’ELO, où les guitares se font discrètes et où les paroles frôlent le puéril en plusieurs occasions. Bien dommage, car Pretty. Odd. est pourtant la preuve que la fortune sourit aux audacieux, quitte à ne pas vendre de disques à la poche.
On ne parle pas ici d’un chef-d’œuvre pour autant, et c’est probablement pourquoi le petit dernier de Panic va faire la bombe. La voix de Brendon Urie n’a jamais été aussi juste et éclatante ; les guitares (quand il y en a) sont parfaites, bien dosées, dans un registre diamétralement opposé à celui exposé sur A Fever. Le problème, c’est que Nine In The Afternoon (premier extrait) fait trop penser à Penny Lane, des Beatles ; Pas De Cheval, à Get Back, de ces mêmes Beatles. La petite pause country de Folkin’ Around, interprétée de la façon la plus sérieuse du monde, tend à intensifier le malaise aussi. Et quand les clarinettes et les trombones à coulisse se mettent à gémir comme dans un cirque pour enfants (She Had The World), on a tendance à baisser le son.
Ceci dit, il ne faut pas oublier que Pretty. Odd. est avant tout un album déséquilibré, les moments les plus déroutants étant commis en fin de route. On remarque, et de loin, les meilleures compositions du quartet après quelques minutes à peine : She’s A Handsome Woman (dont le refrain reste collé dans la tête), That Green Gentleman, Northern Downpour, Do You Know What I’m Seeing, etc. Si le genre était à l’honneur, on pourrait dire que Panic At The Disco a réussi à être au goût du jour, à se renouveler et à surprendre. Malheureusement, il se pourrait bien que le tout en reste là, dans une indifférence crasse, voire une répulsion ignorante, et ce, pour plusieurs petites raisons. Aux amateurs de risques, ne boudez pas votre plaisir ; Pretty. Odd. est un disque de hautes voltiges.
J’ai particulièrement apprécié :
- That Green Giant
- Northern Downpour
- She’s A Handsome Woman
Note : ***1/2
Vidéoclip de Nine In The Afternoon

