Bander sur demande : des pilules chez Couche-Tard
Article publié le 13 mars 2008 à
11:29 par
Jonathan Habel
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Messieurs, vous avez la carotte triste ? Mesdames, le nectar du plaisir ne coule plus à flot ? Pas de problèmes ! Car maintenant, chez Couche-Tard, on retrouve de quoi redonner aux couples un peu de pep lors de leurs prochains emboîtements d’organes de l’amour ! Et tout ça en vente libre, sans restrictions d’âge, dans un format pratique style pilule.
Dans cette super gamme « Énergie » (en lien avec le réseau radiophonique du même nom), la chaîne de dépanneurs québécoise vient de lancer « X-Cite », un stimulateur de libido en comprimé. Ainsi que d’autres dragées du même acabit : une pour les lendemains de brosse, une autre juste pour se sentir joyeux, encore une autre pour favoriser un bon système cardio-vasculaire.
Bien sûr, les experts se sont penchés sur ces nouveaux produits, et ils ont tous constaté une chose : les produits « médicinaux », c’est-à-dire réellement actifs, sont présents en si petite dose qu’il est permis de douter même de leur efficacité. On écarte donc les dangers pour la santé, paraît-il donc. Parce qu’après tout, on évite des surdoses de bois de velours de chevreuil, ou encore de gingko biloba. Fiou !
Sauf qu’on conditionne la prise de médicaments pour ceux qui n’en ont pas besoin. On montre aux jeunes qu’il peut être « cool » de se foutre des pilules dans le gorgoton. On crée encore cette illusion magique qui dit qu’on peut faire n’importe quel dommage à son corps (manque de sommeil, consommation d’alcool, stress), et tout régler en allant au dépanneur se pogner deux comprimés et les avaler.
Couche-Tard prétend présentement ne pas avoir besoin de réglementer la vente de ces produits (et c’est légalement vrai), mais que si Santé Canada lui demandait de le faire, notamment pour les jeunes mineurs, la chaîne obtempérerait sur-le-champ. Le problème, c’est que Couche-Tard, en ayant une conscience sociale, un système de valeurs (non-monétaire) pour le réel bien-être de ses clients, n’aurait pas besoin d’agir de la sorte. Mais bon, fallait bien que le département marketing fasse quelque chose, non ?


