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L’ART de bien commencer la semaine…

Ça achève, qu’elle disait!

Par Ayavi Lake • 10 mar, 2008 • Catégorie: Chronique sur d'autres rives

Mon amie Lyne de Kénogami a dû lire beaucoup de Bandes dessinées Astérix et Obélix, sinon où donc aurait-elle pêché son humour grinçant. Comme les Romains qu’Obélix prend un plaisir immense à catapulter dans les airs, je pourrais dire, en vous regardant d’un air désabusé : “ça achève, ça rachève qu’elle disait!” au lieu du : “Engagez vous, rengagez-vous qu’ils disaient” désabusé et souvent précédé et suivi de bonds géants et de pirouettes  dans les airs. Mon amie Lyne prépare toujours cette phrase magique. Elle s’arme d’un sourire ironique et tendre, plisse ses beaux yeux bleus, essaie d’avoir l’air sérieux et optimiste et son : “ça achève, ça achève” se perd dans une bourrasque terrible de neige et de vent.

 

Quand Lyne est venue me chercher à mon retour de Paris, le 26 janvier 2008, elle m’accueillait déjà avec un savoureux : ”ça achève”, il avait fait -30 degrés deux jours avant au Saguenay… Puis, depuis mon retour au pays, il y a dû y avoir trois ou quatre tempêtes de neige (et là je mets de côté mon sens sénégalaisement inné de l’affabulation).

 

Mais cette phrase magique a ses vertus. Me voici glissant dix fois plutôt qu’une sur une épaisse couche de glace cachée par une minuscule couche de neige : c’est la plus traîtresse, cette neige délicate qui semble dormir et qui n’attend que le pied impudent de l’innocent piéton. Je me relève dignement et je me dis en revoyant les yeux bleus de Lyne de Kénogami : “ça achève”. Me voici sur la Saint-Jean-Baptiste, un beau jour de soleil rayonnant, me rendant à pieds du côté du Cégep : Il me faut jongler entre les trottoirs peu ou pas encore déneigés, les mares d’eau boueuse dignes de Colobane (pour vous amis sénégalais) et à quand j’arrive chez mon amie C. mes lunettes sont dignes d’être rebaptisées pare-brise. Mais, ça achève!

 

Une autre fois, me voilà au volant de l’auto-école à la fin de l’autoroute. Perchée sur mon volant j’essaie de comprendre pourquoi je n’ai pas annulé mon cours : Je ne vois pas à un mètre, mon professeur de conduite semble encore plus perdu que moi et à chaque rafale de vent, j’ai peur de me retrouver à Dakar, sans escale. Mais il paraît (le sourire des yeux bleus) que ça achève.

 

Mercredi dernier : tempête de neige (Quelle bonne surprise! Cela faisait longtemps) mon amie Lyne de Kénogami, qui, vous l’avez compris est comme une maman pour moim me fait chauffer, mon examen de conduite étant prévu pour le 12 mars (pas de tempête annoncée ?). Elle prend un plaisir fou à me faire essayer de patiner, je ne trouve pas d’autre mot, dans la neige fraîchement tombée… Et elle a raison, c’est le meilleur moyen de me faire avoir ce permis. Avec Lyne de Kénogami, j’aurais chauffé en tout temps : neige, soleil (plus rarement) pluie, verglas, poudrerie… Mais ça achève.

 

Mais il est vrai que ça achève. je me suis aventurée, la semaine dernière à marcher le long de la rivière aux sables, comme avant…Je n’étais pas la seule, quelques couples avaient aussi décidé de profiter de ce rare temps clément : 3 degrés !

 

En attendant que ça achève vraiment, moi je savoure mes moments passés avec mes amies, Marie de Jonquière (aussi une maman pour moi) et Lyne de kénogami. Et quand Lyne s’évertue à me faire chauffer à Arvida, Marie de Jonquière m’accueille avec un délicieux plat de pastels, petits chaussons farcis au poisson qui, confectionnés dans la cuisine de Marie n’ont rien à envier à ceux cuits sous le soleil de Dakar. Et pendant que je savoure une pastel légèrement pimentée en écoutant du balafon dans le salon de Marie de Jonquière, Lyne me montre la cour envahie de neige en souriant et murmure : “ça achève” …

Ayavi Lake
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