Un atelier de cuisine pas comme les autres
Article publié le 3 mars 2008 à
13:11 par
Ayavi Lake
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Quand ça bouge à Jonquière, ça bouge. Et pas à peu près!
Samedi 11h : La première amazone du groupe arrive! L. marcheuse, nageuse, sportive invétérée arrive à pieds, avant Lyne de kénogami, qui est pourtant en char.
Dix minutes plus tard, Lyne de kénogami apporte sa bonne humeur et son humour et…F, notre nouvelle amie d’origine libanaise et qui est née au Sénégal. Marie de Jonquière et moi complétons l’équipe : les 5 amazones sont prêtes!
Si certains doutaient encore du pouvoir magique d’Internet, qu’ils jugent donc de ceci : Un matin, je me connecte et je découvre un courriel adressé par un nom fort répandu au Sénégal dans la communauté libanaise. Nous entrons en contact. F. a découvert mon existence par cette même chronique que vous êtes en train de lire en ce moment précis. Née au Sénégal, elle est d’origine libanaise et vit maintenant …à Jonquière. Merci Internet!
Donc Lyne de Kénogami et F. arrivent. Nous avons envahi la cuisine de Marie de Jonquière pour un atelier culinaire auquel nous pensions depuis au moins deux semaines. On s’assied, je sors ma caméra, on jase, on se présente, je niaise Lyne, Lyne me niaise. On se rappelle qu’on est là pour cuisiner. Pis on repart : ” Et le Sénégal, le Liban… Le Québec, Et Montréal où il fait humide, et Paris…Hou lalala (Car mon amie F. a aussi vécu en France, ce qui nous fait, avouez le, beaucoup de points en commun) et j’aime Jonquière, tu aimes Jonquière, nous aimons Jonquière, ils ou elles aiment Jonquière. Et blablabla. Et j ‘ai amené de la musique libanaise nous dit F. Et patati….Et le prochain atelier sera où ? J’ai des épices, ça sent bon…Interculturel, partage…”
On se décide enfin, au bout d’une heure, Mets -en!
On n’est pas seulement amazones pour la cuisine, mais aussi pour la jase.
F. ne lésine pas : elle nous sort le grand jeu. Un assortiment de plats libanais. Efficacité garantie : l’amazone Marie sort crayon et papier, on note, on énumère, on choisit, on efface, on se regarde, on affûte langues et couteaux. Oignons, échalotes, aubergine, pois chiche, persil, pain pita, piment vert (pour ne pas dire poivron), huile d’olive, épices sorties tout droit d’Orient voire de la route des épices et dont j’ai oublié le nom, concombre, tomates, olives noires, salade, yoghourt. Du vert, du rouge, du orangé, du marron, du jaune…
Je coupe, tu découpes, elle recoupe…le chanteur libanais hurle son amour” yahabibi”, le darbouka nous fait swinguer, F. prend la tête des amazones, dans la cuisine de Marie de Jonquière. Une vraie épopée! Il est 4 heures, la petite sénégalaise sent ses narines tressauter sous l’assaut de la viande persillée grillée.
Elle regarde les énormes tranches de pain pita (celui avec lequel on fait les Chawarma au Sénégal) et elle soupire d’aise. Elle pense à la communauté libanaise du Sénégal, de Dakar, à ses amis libanais. Elle pense à Hadija, Hamoudé, Loubna, Mariam et tous les autres…à l’ambiance de la rue Ponty, aux magasins. Elle est loin, la petite sénégalaise, les odeurs et les couleurs, la musique l’ont envoûtée…
Puis le souper. L’amazone Marie est désespérée, il n’y a plus de place sur la table magnifiquement dressée: trop de mets. Le Taboulé libanais est vert de bonheur, vert de verdure et trône dans un magnifique saladier, au milieu de la table.
Le Fatouche, salade libanaise nous nargue et nous tend les bras : “Venez vous en, venez vous en”. Juste à côté, les Fatayas, mini chaussons aux épinards et à la viande sourient.
Moi, je louche sur le Manaech, haricots verts frits à l’huile, sur le coulis de tomate et sur le Houmouss. Mais comme le caviar d’aubergines sent très bon, mes narines n’arrêtent pas de frissonner et je ne suis pas la seule, car j’aperçois deux des amazones (je ne les nommerai pas) qui plongent rapidement une main dans le plat de Kaftas. Quand on fait un atelier, on va jusqu’au boutte!! Navets marinés, Chichtaou, Chawarma, Zaatar, mets -en!!!! Savourez juste avec vos yeux, N’essayez pas de savoir ce que c’est….vous souffririez trop de ne pas avoir été là, à Jonquière.
Cinq amazones affamées, ça ne rigole pas! Et quand en plus, le vin mexicain vient ouvrir la danse, les vins algérien et chilien assurent aussi leur tâche. Quel transport!
Et comme Libanais et Sénégalais ne savent cuisiner pour peu, chacune des amazones est repartie avec de quoi nourrir les siens, et il en reste encore dans la cuisine de Marie de Jonquière….Pas de dessert décide t -on unanimement. Quand, soudain, Marie brandit les gateaux concoctés par F. : des Sfouf, gâteaux à base de semoule de mais…
JP, mon professeur de guitare, envahi par ces Amazones nous fait le plaisir de jouer du Darbouka. Le salon de Marie de Jonquière se transforme en piste de danse. F. oublie qu’elle est à Jonquière. Je lui apporte foulards et pagnes et c’est parti. Un coup à droite, un coup à gauche, un petit tremblement furtif de tout le corps, un gracile mouvement des cheveux. Un doux frémissement de la poitrine, elle tourne, vole presque…
Je n’en dirai pas plus…
Visitez donc le blog de Marie, je crois qu’elle y mettra les recettes cette semaine. Et des photos. Et des textes. Rien que du plaisir! Quand je pense que j’avais choisi pour thème de cette chronique : L’autre! http://marieestdanssonassiette.blogspot.com/


