DimancheMatin - Arts et culture

L’ART de bien commencer la semaine…

La fin de l’aventure ?

Par Ayavi Lake • 12 nov, 2007 • Catégorie: Chronique sur d'autres rives

Cette fin de semaine ressemble à toutes les belles fins de semaine que j’ai pu passer à Jonquière avec mes amies Lyne de Kénogami et Marie de Jonquière. Notre petit tour à la maison de quartier, forme de marché aux puces où on trouve de tout, nous a fait encore dévoilé des merveilles : une paire de bottes pour Lyne de Kénogami, un chandail et des livres.

 

Des livres aussi pour Marie de Jonquière, des objets de décoration, et surtout une discussion interminable sur des tas de sujets, comme on sait en avoir avec des gens qu’on ne connaît pas, dans les petites villes. Pis, sur un coup de tête, nous avons décidé d’aller voir les parents de Marie de Jonquière. Je crois que je suis amoureuse de son père. Il a 88 ans, une énergie d’enfer et des histoires de l’époque de sa jeunesse que je pourrais écouter des heures. Hier, nous avons parlé de la cueillette des bleuets où il continue d’aller à chaque année, de la chasse à la perdrix, du travail de bûcheron, de l’origine de la famille Gauthier, de la peinture sur bois et de toutes ces choses qui me plongent dans le passé du Québec et dont je raffole.

 

C’est un peu par hasard que Lyne de Kénogami et moi avons atterri au salon des métiers d’art de Chicoutimi qui se déroule du 6 au 12 novembre au centre des congrès le Montagnais. De la céramique, de la sculpture sur bois, de la verrerie avec Giuseppe Benedetto, célèbre dans la région pour son magnifique travail en verrerie, les joailliers, le tissage, la savonnerie, bref…un délice pour les yeux et les narines.

 

Samedi, c’est après un bon verre de vin blanc portugais (qui ressemble à s’y méprendre au vin mousseux préféré de ma copine Laura de Toulouse) et un rosé italien que nous avons dégusté des crêpes :  farcies à la béchamel et au jambon, aux petits légumes et enfin à la banane et à la cassonade. Et pendant que nous dégustions ces merveilles préparées par Marie de Jonquière, je continuai à satisfaire mon insatiable curiosité sur le Québec. Après toutes mes lectures sur l’histoire du Québec, notamment dans l’ouvrage : « Le Québec, un pays une culture » de Françoise Tétu de Labsade, après avoir entendu beaucoup de choses dans les médias, j’ai voulu écouter mes amis saguenéens. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils m’ont expliqué comment la région était à l’époque, un peu sous le joug anglais : quartiers anglais, écoles anglaises. Un voyage à travers le temps grâce aux histoires que j’écoute avec passion : la majorité des amis que j’ai rencontrés sont nés ici, Jonquière, ou Kénogami, ont grandi ici, sont peut être allés quelque temps à Montréal et seront enterrés ici. Nous avons aussi parlé de l’histoire du Québec peu ou pas enseignée dans les écoles, de tout ce que la commission Bouchard et Taylor sur les accommodements raisonnables a soulevé comme questions chez les Québécois.

 

Je suis arrivée au Québec au moment où les Québécois se posent toutes ces questions sur leur histoire, leur identité, leur façon d’accueillir et d’intégrer les immigrants. Et je vais peut être quitter le Québec très bientôt.

 

Voilà que le contrat qui m’avait amenée à m’installer au Saguenay a pris fin. Mais rien ne me force à partir, si ce n’est l’envie de découvrir d’autres villes pleines de surprises, d’autres Lyne  si  curieuses de la culture des autres, d’autres Marie.

 

On m’a parlé du Nouveau Brunswick, terre d’Acadie que j’aimerais connaître. Les quelques Acadiens que j’ai rencontrés ici m’ont conquise avec leurs histoires, leur cuisine et le sentiment si profond d’être proches des migrants pour avoir connu l’éloignement de leur terre ( le grand dérangement) on m’a parlé de Toronto, d’Alberta et de Sherbrooke. Peut être que Jonquière devait être pour moi un lieu de « ressourcement » avant le plongeon dans le « grand Canada » ?

 

On verra bien…

Ayavi Lake
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2 Réponses »

  1. Reviens-nous vite, avec des chroniques aussi fraîches…
    Et merci pour celle-ci et pour les précédentes.

  2. Ahhh non, ce n’est pas la fin. Te connaissant, tu seras fidèle à cette région qui t’as si bien accueilli et je suis sûr que tu reviendras très bientôt au moins pour rendre visite pour quelques jours ou pour y retrouver quelques temps les amis que tu t’y es fait. On te dis à très bientôt quoi qu’il en soit pour la suite de tes aventures au Canada, où que ce soit.