Saw IV, sans trop d’innovation (2007)
Article publié le 8 novembre 2007 à
0:21 par
William Beretta
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Après les innombrables jeux mortels organisés par Jigsaw (Tobin Bell) dans les trois premiers films, le maître d’orchestre de cette symphonie meurtrière est décédé, prêt à se faire charcuter par le premier coroner venu. Pourtant, son « œuvre » transcende sa mort. Ses expériences sadiquement ludiques se poursuivent et continuent de modifier à jamais la vie des gens qui survivent à ces taquineries sanguinaires. Les forces de l’ordre sont aux trousses du nouveau criminel, mais lorsqu’un des leurs, Riggs (Lyriq Bent), se fait prendre au jeu, la partie devient personnelle.
Tout d’abord, Saw IV ne réinvente pas le genre qu’il a contribué à créer. Le premier film de la série marquait une rupture avec les films d’horreur traditionnels. Ce huis clos à petit budget sera peut-être considéré, un jour, comme un classique cinématographique, mais la troisième copie n’a pas le même effet que l’original. J’utilise le mot « copie » à dessein ici, car la recette est la même que les autres films de la série, à quelques pincées de sel près. La seule innovation se situe du côté de l’historique de Jigsaw. Comme on l’a fait avec Hannibal Lecter et d’autres méchants du cinéma, on utilise le flash-back à profusion afin d’apporter un côté humain au personnage. Ça permet aussi de réutiliser le même acteur, et ce, même si son personnage est mort.
Mais parlons en un peu de cette recette. Les réalisateurs ont beau l’appliquer à la lettre, elle demeure tout de même diablement efficace. Des épreuves poussant le corps humain à l’extrême — je les soupçonne de pouvoir en inventer à l’infini —, des effets spéciaux tout à fait sordides, des punchs finaux renversants… C’est répétitif, certes, mais notre côté sadique en demande encore. C’est dommage que le jeu d’acteur vienne ternir l’ensemble du film. Je n’ai rien à redire des personnages qui meurent. En fait, ils sont plutôt bons pour hurler ou pleurer alors qu’on leur fait subir les pires atrocités. Or, comme l’a remarqué mon collègue Pierre-Luc dans sa critique du troisième Saw, les personnages principaux sonnent faux. Dans ce cas-ci, le cas de Riggs est vraiment dans une classe à part. Ses réactions ne concordent ni avec son statut de policier, ni avec son statut de victime. Il y a aussi quelques incohérences du scénario parsemées ici et là, mais on ne sera pas trop pointilleux. Le rapport « qualité du film / budget total » est encore tout à fait acceptable.
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