L’Halloween, la Tamkharit, le Mardi gras…
Article publié le 5 novembre 2007 à
9:51 par
Ayavi Lake
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Voilà, la petite Sénégalaise a passé son premier Halloween en terre américaine, ce 31 octobre. Pis ? Je ne sais pas ce qu’en penseront les Sénégalais, mais j’ai eu l’impression de vivre une version moins religieuse et plus « quétaine » de la Tamkharit ! Halloween, vu du Sénégal où j’ai grandi, c’est une fête nord-américaine, qui correspond à peu près à notre Toussaint en plus égayé ou à notre Mardi gras en aussi coloré. Les filles, vous rappelez-vous le nombre d’Halloween que nous avons vécus, sans déguisement, sans bonbons mais entièrement dans l’ambiance, à Dakar.
L’Halloween de Friends, celui de Santa Barbara, celui de Urgences. Nous étions aussi tristes que les enfants qui n’avaient pas de déguisement dans nos séries, aussi fières des costumes confectionnés à la main que les mamans qui avaient passé des semaines à l’ouvrage. Je crois qu’il s’en fallait de peu pour que nous connaissions mieux que les Américains eux-mêmes les différentes variétés de citrouilles. Nous avons suivi, sur notre bonne vieille chaîne RTS d’abord puis sur le câble, comme tout le monde, nous avons suivi nos héros dans leur concours de décoration de citrouilles, dans leurs bals masqués et même dans leurs frayeurs … souvent une bouteille de coke à la main, un jean sur le dos et pour certains une Marlboro au bec (on disait Malboro à l’époque).
Nous avons goûté et fait par procuration les tartes, les soupes, les puddings, les galettes à la citrouille. Nous en avons vécu des Halloween, par procuration. Et je vais peut-être vite en besogne, mais je suis persuadée que dans quelques années, les costumes oranges, les chandelles et les citrouilles décoratives vont envahir nos marchés dakarois, mettre du temps à se faire accepter puis se fondre dans les habitudes commerciales des populations, en tous cas de celles ouvertes aux influences occidentales.
Les deux dernières années que j’ai passées à Paris m’ont surprise : citrouilles, costumes, sorcières commençaient à poindre à la fin du mois d’octobre et les boutiques affichaient les couleurs de l’Halloween, comme elles l’auraient fait pour Noël, chose que je n’avais jamais vue dans les rues de Paris quelques années avant. Mais hélas, si l’Halloween prend ses aises à Paris, c’est véritablement sur le plan commercial car très peu de personnes peuvent vous dire ce que symbolise cette fête. Le Mardi gras quant à lui conserve sa renommée : à Paris, j’ai retrouvé les crêpes que j’affectionnais déjà à Dakar, j’ai retrouvé les déguisements des enfants et l’ambiance carnavalesque de ma ville natale. Et je crois que quelques personnes ont encore en tête le caractère païen de cet évènement (cela date de l’époque romaine) et (à l’époque en tous cas) son utilité sociale : permettre au peuple de se défouler avant une période assez longue de jeûne et de privation.
La Tamkharit, dont je parlais plus haut est aussi une fête pour enfants : le plus souvent les filles se déguisent en garçons et vice versa. Ils vont de maison en maison pour avoir des sucreries, mais en contrepartie, ils doivent danser… En tous cas, ce sont les magnifiques souvenirs que je garde de mon enfance et de nos déguisements à Thiès, ville voisine de Dakar, avec mes cousins. Ismaël Lo, chanteur sénégalais, a magnifiquement rendu hommage à cette fête dans sa chanson : Tajabone.
Lyne de Kénogami m’a montré avec fierté les maisons magnifiquement décorées de son quartier, Kénogami, et nous avons regardé avec des yeux d’enfants la sorcière de la rue Saint Ambroise recevoir les flots et leur donner des bonbons et autres gâteries.
Tamkharit, Halloween, Mardi gras… Finalement, je ne me sens pas si perdue ici…


