Les menottes du temps
Article publié le 21 octobre 2007 à
0:00 par
Pierre-Luc Gagnon
Faites vous entendre : donnez votre avis sur cet article
Partagez ce texte avec vos amis sur Facebook
J’ai vécu beaucoup de stress au cours de la dernière année : le déménagement, le travail, la fin des études, encore le travail… Puis il y a la grande ville, c’est quelque chose auquel il faut s’habituer. Au début, je courrais pour rattraper l’autobus, le métro, pour traverser la rue pendant que la lumière est verte, pour arriver au boulot à l’heure pile. Mais ma blonde m’a dit d’arrêter de courir.
Ma blonde marche si lentement que je pourrais ramper à ses côtés et prendre de l’avance. C’est fou! C’est un peu pour ça qu’elle m’a dit d’arrêter de courir. Elle est rendue avec un bras plus long que l’autre à force de marcher avec moi tellement je lui tire la manche à vouloir rattraper le temps. Qui a tort dans cette histoire ? Je n’en sais rien. Probablement qu’il existe un juste milieu.
Donc, devant mon rythme de vie trop rapide et le stress accumulé, je me devais de trouver une solution pour être plus zen. Mon premier réflexe a été de me rendre à l’épicerie, d’y acheter une pomme et de revenir chez moi en la mangeant. En effet, c’était plutôt zen comme activité, mais les résultats sur mon état d’esprit ont été éphémères. Le lendemain, je ne me suis pas dit “tiens, tout va bien aller aujourd’hui… j’ai mangé une pomme hier!”. Au contraire, j’ai regardé ma montre et je me suis dit que je devais m’activer pour aller travailler.
C’est ça mon problème! Je regarde toujours ma montre. Je la regarde dans l’autobus, pour être sûr d’être à l’heure, tout au long du trajet. Je la regarde au travail, dans l’attente fébrile de mon heure de dîner. Je la regarde pour savoir l’heure, juste comme ça. Je la regarde parce qu’on me demande l’heure. Et parfois, je la regarde parce que je la trouve bien belle ma montre.
Ayant identifié le problème, j’ai décidé, par un bon matin de septembre, de ne pas mettre ma montre ce jour-là. Accrochée à mon poignet, ma montre représentait les menottes du temps. Prisonnier de son tic-tac incessant, je marchais à son rythme digital. Mais désormais je suis libre. Je la porte uniquement lorsque c’est vraiment nécessaire (lorsque je dois rejoindre quelqu’un à tel endroit, telle heure par exemple).
Et le stress dans tout ça ? Il y en a simplement moins.
Je vous laisse sur ces sages paroles puisque ma blonde arrive de travailler dans 45 minutes et je lui avais promis de lui préparer un bon souper. Tic-tac-tic-tac… ouf… VITE!

