Foo Fighters - Echoes, Silence, Patience & Grace (2007)
Article publié le 22 septembre 2007 à
16:41 par
Jonathan Habel
Faites vous entendre : donnez votre avis sur cet article
Partagez ce texte avec vos amis sur Facebook

Certains sont plus chanceux que d’autres… Des artistes apportent parfois quelques changements, une évolution à leur sonorité et à leurs compositions sur un nouvel album et leur base de fans leur crache dessus, pour finalement retourner leur veste quelques mois ou quelques années plus tard, après que la critique et le public aient salué leur créativité. Parfois, les fans suivent la tendance dans les temps, mais c’est plutôt rare. En fait, les fans sont les pires ennemis des artistes, parce qu’ils peuvent forcer ces derniers à se répéter inlassablement. Regardez ce qui est arrivé à Sum 41 sur leur dernier album… Et malheureusement pour Dave Grohl et sa bande, la plupart des imbéciles qui suivent les péripéties des Foo Fighters sont des fans frustrés. Dommage, car ce n’est pas avec Echoes, Silence, Patience & Grace que les Foos retournent sur les sentiers battus.
Depuis There Is Nothing Left To Lose (1999), les frustrés s’accumulent. Ils veulent réentendre les deux premiers albums, mais refaits à chaque deux ans. Mais cet album, dont le titre dit tout, était une première expérimentation à grande échelle, les premiers pas hors du monde contraignant et vieillissant du grunge. Puis est venu One By One (2002) et l’album double In Your Honor (2005) ; malgré la faiblesse relative de One By One, l’évolution se poursuivait, les fans déçus espéraient et désespéraient. En 2007, ils ont décidé de prendre les Foos de vitesse : l’album n’est pas encore sorti (vous le retrouverez chez les disquaires le 25 septembre) que déjà sur Internet on en dit bien du mal. Regardons les choses en face, cette galette, la sixième du groupe, est probablement l’effort le moins convaincant de leur discographie (avec One By One justement), mais en cessant d’être de mauvaise foi, on découvre un fort bon disque de rock. Et de folk acoustique. Et de country rock, et de grunge et de punk. De quoi faire vomir les adorateurs de la chemise carreautée.
La première moitié du disque est beaucoup plus forte, beaucoup plus impressionnante que le restant ; en fait, quelques-uns des six premiers morceaux méritent de figurer parmi le meilleur matériel du groupe, point à la ligne. Le premier extrait, « The Pretender » et les deux pièces qui suivent (« Let It Die » et « Erase / Replace ») servent à décoiffer l’auditeur : du rock rapide, pesant, avec quelquefois des passages acoustiques pour rappeler que le groupe ne fait pas que garrocher des décibels. Le quatrième chapitre, « Long Way To Ruin », est délicieusement « radio friendly », si la chose se peut : excellent refrain, riffs de guitares à peine rugueux, et même un solo parfaitement orchestré. Par la suite, on commence une lente descente qui est parfois ponctuée de moments très forts (« Stranger Things Have Happened », « Cheer Up, Boys (Your Make-Up Is Running) », « Statues »), et parfois de remplissage plus ou moins nécessaire, mais heureusement passager (comme ce numéro instrumental, « Ballad Of The Beaconsfield Miners », qui rappelle les paysages rustiques du Deep South américain, non sans un certain désintéressement). De toute façon, l’album ne tombe jamais bien bien bas : les passages les moins réussis sont somme toute fort agréables quand même, c’est tout simplement en dessous de la moyenne « Foo Fighters ».
Les nouveaux auditeurs n’y trouveront probablement pas leur compte : si c’était à faire, ce n’est pas avec cet album-ci que la troupe ira chercher de nouveaux fans. Il n’ira pas chercher les anciens non plus ; ceux-là devraient se retaper une autre fois The Colour And The Shape (1997), qui reste effectivement leur meilleur album à ce jour, et le mieux vendu. Mais Echoes, Silence, Patience & Grace, dans la lignée d’In Your Honor qui avait fait quelques incursions dans plusieurs nouveaux styles musicaux comme le jazz et le hardcore, reste un très bon disque qui représente bien la versatilité du groupe, ainsi que sa volonté d’évoluer à son rythme, sans brusquer, mais sans ralentir non plus.
J’ai particulièrement apprécié :
- Let It Die
- Erase / Replace
- Long Road To Ruin
Note : ![]()
