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To Kill a Mockingbird : une remarquable ode à la tolérance (1962)

Article publié le 21 septembre 2007 à 0:00 par Richard Gervais

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Tiré du roman éponyme de l’Américaine Harper Lee et scénarisé par le renommé dramaturge Horton Foote (The Trip to Bountiful), To Kill a Mockingbird est un film à la fois dérangeant, poignant, universel et intemporel. L’intolérance, la monoparentalité, l’amitié, la justice et le racisme ont rarement été illustrés avec une telle acuité. À travers le retentissant procès d’un noir soupçonné du viol d’une jeune blanche en 1932, on dresse le portrait sans concessions d’une société bourrée de préjugés à l’endroit de certaines minorités.

 

Veuf, quadragénaire et père de deux enfants parfois turbulents, Atticus Finch (Gregory Peck) vit dans un village d’Alabama. Avocat réputé, il est un jour accosté par un juge pour défendre Tom Robinson (Brock Peters), accusé d’avoir agressé sexuellement la fille d’un fermier du voisinage. Épris de justice, Finch accepte avec empressement cette cause, suscitant parmi la population des commentaires fort négatifs qui se répercuteront jusque dans l’école que fréquentent ses enfants, Scout et Jem (Mary Badham et Phillip Alford). Agacés par le harcèlement de leurs collègues de classe et curieux de tout savoir sur le cas, ceux-ci réussiront à se glisser dans la salle d’audience pour assister aux délibérations. Ils en acquerront une grande estime de leur géniteur. Cette cause leur apprendra du même coup à éviter de juger, plus particulièrement un de leurs voisins (Robert Duvall) dont la bizarrerie les effraie.

 

To Kill a Mockingbird est distinctement composé de deux parties. Sur un ton plus léger, la première se déroule souvent en extérieurs et contribue à nous dévoiler le caractère des enfants Finch. Le côté garçon manqué de Scout est plutôt amusant; on sent qu’elle a carrément le dessus sur son frère Jem, plus « cérébral ». Les deux jeunes comédiens qui les interprètent sont talentueux et charmants. La seconde partie, plus prenante, se déroule presque exclusivement dans la salle d’audience et regorge de brillants interrogatoires, parfois très durs. On y voit toute l’étendue du registre du regretté Gregory Peck (décédé en juin 2003) et on ne peut que féliciter l’Académie de lui avoir décerné l’Oscar du meilleur acteur. C’est indéniablement une des plus impressionnantes performances de l’histoire du cinéma parlant.

 

Il faut également souligner que l’extraordinaire Robert Duvall – dont la suite de la carrière fut fabuleuse (The Godfather, Apocalypse Now, etc.) – y fit ses débuts au cinéma. Peu présent à l’écran, son personnage joue cependant un rôle clé dans la conclusion (aussi triste qu’imprévisible) de To Kill a Mockingbird.

 

Des dialogues sur le fil du rasoir, des comédiens exceptionnels, une direction artistique irréprochable et une photographie mémorable font de cette réalisation de Robert Mulligan (Summer of ‘42, The Other) un réel joyau. Quarante-cinq ans après sa sortie en salles, on apprécie toujours autant ce long métrage dont le propos n’a pas pris une ride.

 

Cet article est publié en collaboration spéciale avec http://www.calendrierculturel.com/


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