Les 3 p’tits cochons, un conte pour adultes (2007)
Article publié le 3 septembre 2007 à
19:53 par
Pierre-Luc Gagnon
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On sait tous ce que vaut Patrick Huard en tant qu’humoriste, en tant qu’acteur… et même en tant que chauffeur de taxi. Mais en tant que réalisateur, il fallait réellement se poser la question. Avec les trois p’tits cochons, monsieur-polyvalence-2007 dénouera les langues des sceptiques. Soutenu par des comédiens qui livrent la marchandise, dans une adaptation de conte fort bien conceptualisée, Huard offre un film esthétique et intéressant.
En gros, le film raconte l’histoire de trois frères qui ne sont pas des hommes roses, même si la métaphore veut qu’on les compare à des cochons. Le premier mène une vie essoufflante avec sa copine, ses deux jeunes filles et ses problèmes financiers. Mais, même s’il est un cochon et non un mouton, il saute la clôture. Le second, le bébé de la famille, est plus hésitant. Toutefois, inspiré par son frangin, il passe aussi à l’action. Sa maison est peut-être en bois, mais pas lui! Quant au dernier, le cadet, il mène une vie bien rangée. Le grand méchant loup réussira-t-il à débalancer sa vie amoureuse à lui aussi ? Qui sait ? En fait, moi je sais…
Tout au long du film, le cinéphile se plaît à suivre les mésaventures des trois attachants personnages. Plusieurs personnes disent que le film est désopilant. Il faudrait plutôt lire drôle, sans plus. La complicité et la naïveté des personnages fait sourire, mais il ne faut pas s’attendre à un feu roulant, avec un gag calculé par ligne de texte. La force du scénario trouve plutôt son sens dans le sentiment d’appartenance et de reconnaissance que le spectateur y trouve (comme bien des films dans le genre). Le filon des relations hommes-femmes est encore très bien exploité, sous un angle original, sans marcher dans les sentiers de Ricardo Trogi (Horloge Biologique, Québec-Montréal).
Mentions spéciales à Isabel Richer, Sophie Prégent et Julie Perreault… C’est rare que trois demoiselles aussi jolies sont mises de côté par leur amoureux. Une autre mention pour Luc Senay qui a beaucoup changé depuis la Guerre des clans. Bravo à Claude Legault pour la maturité de son jeu. Chapeau à Guillaume Lemay-Thivierge qui gagne encore beaucoup de crédibilité avec ce rôle. Quant à Paul Doucet, un peu moins connu, gagne à l’être.
Un beau film où les hommes font la cour… ou la basse-cour, pour rester dans l’univers des cochons.
***½

