Méchante belle gang
Article publié le 30 août 2007 à
0:00 par
Jonathan Habel
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Je ne vis pas à Montréal, et Dieu me garde d’être obligé d’y habiter un jour. Pourtant, Montréalais de mon cœur, j’admire votre patience, votre endurance. Sérieux, wow. Vous êtes stressés lorsque vous conduisez ou lorsque vous prenez le métro (l’expérience de ces deux derniers récemment m’a confirmé cette pensée), et peu importe la saison, vous voyez invariablement le même béton gris, avec parfois une grosse craque pour changer de l’ordinaire. Ça semble sarcastique, mais je vous admire vraiment, pour vrai vrai. Parce que tout cela ne serait pas trop mal si ce n’était des gangs de rues, probablement la plus grosse et dégradante pollution dans vos rues.
Bon, vous allez me dire (et avec un brin de vérité) que ce n’est pas si mal : le problème est ciblé dans certains quartiers précis, Montréal c’est quand même pas le Bronx, les gangs ne font pas de victimes tous les jours, quand même. Moi-même, je serais assez moumoune de vous dire que j’ai peur quand je suis à Montréal (ce qui n’est évidemment pas le cas, et je sais que c’est pas l’anarchie dans la métropole), mais est-ce qu’on est pas en train de tolérer l’inacceptable dans notre « belle » ville de Montréal ? Quand, au début des années 90, les Hells ont commencé à faire chier le peuple partout au Québec, il y a eu pour je ne sais quelle raison une espèce de rumeur conciliante à leur endroit, la rumeur du « gentil Hells », des gars barbus, gras et laids qui dans le fond ont le cœur sur la main. Des voisins bruyants mais compréhensifs pour certains. Des brutes au cœur tendre pour les autres. Des rebelles inoffensifs pour certains imbéciles parmi nous. Puis, quand ça s’est mis à saigner, pas seulement entre eux mais aussi parmi nos enfants, on s’est dit que ça faisait. Personne n’a fait de mea culpa, mais au moins les autorités ont (enfin) agi et la population a (enfin) compris. Dans des cas comme ça, fuck le laxisme, on fout ça en prison et on pose des questions après.
Est-ce que je compare les gangs de rues, ces jeunes en révolte contre l’autorité, à des criminels notoires comme les Hells Angels et les Rock Machines ? Absolument ! Ils sont plus jeunes, moins barbus, s’achètent des grosses chaînes en or au lieu de motos de l’année, portent un petit bandeau bleu ou rouge au lieu d’un casque. Mais dans le fond, le scénario est le même, même si les acteurs ont changé : on revit les années 90. C’est-à-dire que ces petites merdes vont prendre la ville comme si c’était leur terrain de jeu (et c’est déjà commencé en certains endroits), et quand un honnête citoyen, ou pire encore, l’enfant d’un honnête citoyen va y goûter « par accident », là enfin on va se choquer. Là on va dire que c’est assez, qu’on veut un Opération Carcajou 2. Là, on sera pas beau à wouère. Hey que non.
Mais disons que ça serait dommage de se rendre jusque là. Malheureusement, notre culture québécoise nous as montrés à être gentils et passifs jusqu’à ce que quelqu’un meure. C’est ça notre mentalité. Un mec, une femme, un enfant crève, et là on se lève et on s’insurge. On sait que ces petits cons vont finir par déborder les limites de leur propre conflit, aussi bien les effacer du paysage pendant que la population montréalaise n’a pas encore trop peur de se promener le soir dans sa propre ville.


