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L’ART de bien commencer la semaine…

Encore cette multiethnie… et Ecce Mundo

Par Ayavi Lake • 13 août, 2007 • Catégorie: Chronique sur d'autres rives

Que de festivals dans cette région des Bleuets, que d’évènements culturels souvent de très bonne qualité et… gratuits! S’il y a une chose qui m’a réellement conquise dans cette région que j’ai choisie d’habiter, c’est ce mouvement continuel de la culture, cette vague qui oblige, quelque part, les artistes et les organisateurs de festivals à se renouveler pour toujours séduire et plaire.

 

J’étais restée sur le goût un peu amer de la notion de « multiethnique », lorsque mon amie Lyne de Kénogami m’a convaincue de la suivre, à nouveau,  aux Rythmes du monde. Nous avons succombé à une gaufre géante au chocolat et au sirop d’érable, et nous sommes allées en Martinique avec le groupe Generation Mauricana, puis dans une contrée métissée, entre la France et le Cameroun avec Idy Oulo. Mon amie Lyne de Kénogami m’a suivie au Tchad, quand je l’ai entraînée vers H’Sao, de jeunes Tchadiens s’inspirant des musiques traditionnelles de leur pays et j’ai attendu qu’elle savoure les douceurs sucrées de Maktoub du Maroc pour l’entraîner à nouveau vers des rythmes plus… tropicaux.

 

Émelyne Michel! Émelyme Michel de Haïti a enflammé la scène, a pimenté mon cœur et mon corps. Je me suis imaginée dans les bras de mon chum, un soir de Coladera, sur l’île de Gorée là bas dans mon Sénégal natal. Je me suis retrouvée à Dakar, dans les rues gorgées de monde de la Sicap, me rendant, avec mon groupe d’amies fétiches, aux soirées « Ndiago ». Et d’un seul coup, il n’y a plus eu de différence entre le zouk, le funana, le merengue et le patchanga. Il n’y avait pas de JP pour m’enlever du sol et me faire tourner, il n’y avait pas ses bras  vigoureux pour me diriger, et ses… bref, mon chum n’était pas là, pantoute! Mais l’imagination est la plus forte des armes parfois… Captivées par ces rythmes fous, nous ne sommes arrivées à Cuba que vers la fin du spectacle. Mais sassez tôt pour que je puisse me déhancher, comme une folle, au milieu d’un public que je trouvais assez froid, aux sons du Gran orquestra Cubana : des virtuoses de la Salsa, que du bonheur. Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de  goûter aux viandes d’outarde et de castor, juste avant de me plonger dans le spectacle fascinant des tambours du Burundi : des danseurs agiles comme des plumes d’oie, un danse sensuelle et une agilité incroyable. Le tour du monde en 5 jours… à Chicoutimi.

 

Puis est arrivé Ecce Mundo… Je dois dire que transposer une ambiance de cabaret dans un festival interculturel n’est pas chose aisée. Je n’ai pas su apprécier l’extrait que la troupe nous a proposé, alors quand mon amie Lyne de Kénogami m’a proposé d’aller voir ce spectacle quelques jours plus tard, j’ai hésité.

 

Ecce Mundo, c’est du cabaret magnifiquement orchestré, des danseurs et des acrobates impressionnants. Des Amérindiens au groupe Abba, en passant par le Moulin rouge de Paris et le rock des États-Unis, sans oublier le tango et la valse, cette fresque est un véritable voyage musical… auquel manque toutefois l’Afrique. Oui, mon esprit critique franco-francophone dont j’ai tant de mal à me débarrasser sait voir le meilleur, mais se pose aussi beaucoup de questions. Pourquoi diable l’Afrique est-elle souvent « omise » ?

 

Mais me dira-t-on sûrement : «  On ne peut représenter le monde entier ». On oublie juste que l’Afrique est le berceau de l’humanité… Il faut, cependant, avoir un minimum de culture musicale (occidentale) pour pleinement apprécier le magnifique spectacle et j’avoue que mes tableaux préférés restent les plus « coquins » : le french cancan et le moment où ces messieurs, dans un mouvement éclair nous ont montré la partie la plus charnue de leur anatomie.

 

Non, définitivement, on ne peut pas s’ennuyer chez moi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On  ne peut pas…

Ayavi Lake
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3 Réponses »

  1. Ravivant encore une fois. Ta chronique continue de m’enchanter de jour en jour Ayavi, et je ne pense pas pouvoir me lasser de la lire. Ta maniere de nous transporter de pays en pays et de faire ainsi une sorte de correspondance avec la mondialisation et l’ouverture au monde qui s’effectue en ce moment est tout simplement magnifique. Je me suis senti vibrer egalement aux musiques variees et multiculturelles de notre bon vieux Senegal, où l’on est assez fortune de connaitre la Musique dans beaucoup de ses representations. L’Afrique est peut etre omise par les autres, qu’a cela ne tienne, nous sommes partout chez nous et notre bonne humeur et jovialite est ce qu’il y a a celebrer…. Continue sista, droit devant, “an awan dem”, nous ferons plein de choses ensemble, tu verras, sois patiente juste.

  2. “An Awan dem”! “C’est parti” ,je traduis un peu “à la française”.
    Tu me replonges dans la nostalgie, frérot, des cars rapides et des Ndiaga Ndiaye, de Dakar, quoi!
    Comme tu dis, nous les Sénégalais, on s’adapte à tout, partout, c’est fou…Nous sommes vraiment chez nous partout.
    EN Chine : chez nous.
    A Jonquière : chez nous.

  3. je me proposais d’attendre de te retrouver un jour à Jonquière pour te lire … j’avais oublié la magie d’internet !
    Ayavi ton style et la vie qui éclate de ta plume me séduisent.

    Peut on avoir la nostalgie des car rapides, du yeet et du guedj qui sont nos “armoiries” (rires)?

    Par contre tu as raison, nous les Sénégalais notre chez nous c’est : le monde!
    C’est à nous, chacun où il se trouve, de montrer et d’imposer avec tact et beaucoup de témérité qu’il y a du bon au Sénégal - pas seulement jovialité et bonne humeur Séga - mais ingéniosité, talent et ambition…