Aimer une femme
Article publié le 22 juillet 2007 à
0:00 par
Pierre-Luc Gagnon
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Je ne sais pas piloter d’avion. Je sais à peine conduire une voiture. Je ne suis pas très bon au tennis. J’ai de la misère à accorder ma propre guitare. Je ne connais pratiquement rien à l’espagnol. Pour tout dire, je n’ai jamais réussi le cube de Rubik. Mais une chose est sûre, je sais aimer une femme. J’en ai aimé plusieurs. Peut-être un peu trop!
La première, elle s’appelle Marie-Josée A. Elle était dans ma classe en première. J’aimais beaucoup la rougeur de ses joues, réchauffées par le soleil ou glacées par l’hiver. Puis, il y a eu Catherine C., ma flamme de deuxième et troisième année (des fois ça dure plus longtemps). Je me revois encore à me promener à bicyclette dans son quartier en espérant l’apercevoir dehors en train de jouer à la corde à danser avec ses amies. À moins que je me sois trompé de quartier ?
En quatrième, j’ai craqué pour Pascale M., avec sa coupe de cheveux révolutionnaire (queue de cheval avec la bordure rasée en dessous… enfin, c’est difficile à expliquer). Mais à force d’être ignoré, je me suis rabattu sur Émilie T., la grande frisée aux robes fleuries, en cinquième année. Elle est devenue ma première copine, le temps d’un baiser. Deux semaines après, nous ne nous parlions même plus.
Pendant l’été qui a suivi, j’ai fréquenté une certaine Stéphanie dont j’oublie l’initiale, et conséquemment le nom de famille au complet. Elle était bien gentille, mais j’ai dû la laisser tomber puisqu’elle me téléphonait à la maison. Ça me gênait beaucoup trop devant ma mère qui se plaisait à dire : “Pierre-Luc, y’a une jeune fille pour toi au bout du fil”. En sixième, c’est Catherine J. qui a bouleversé mon coeur. La belle Catherine J. Grande, intelligente et farouche. Mais elle n’était pas prête à avoir un chum. Enfin, c’est ce qu’elle m’a laissé croire.
Et un autre été s’est pointé. J’ai croisé Sylvia B., une fille que je détestais. Mais cette fois, précisément, je l’ai trouvé vraiment jolie. Tellement jolie. Ça devait être un coup de chaleur. J’en ai parlé à mon ami Philippe. Il a dévoilé mon secret (quel connard). Sylvia a été mise au courant de mon intérêt à son égard… et, pour faire une histoire courte, elle est finalement devenue mon premier french-kiss. J’avais 12 ans.
C’est alors que le secondaire, cruel et froid, est inévitablement arrivé. Plusieurs amours déchus se sont enchaînés : Marie-Hélène T., Julie B., Josée C., Nathalie C.-P., Cynthia C. et Julia B. Jusqu’à ce que je rencontre Priscilla B, dans ma classe de secondaire 4 et 5. Je l’ai fréquentée, courtisée et mariée. Nous avons vécu dans deux appartements ensemble. L’un petit et miteux, l’autre grand et peint de couleurs étranges. Mais nous n’étions pas le couple parfait.
Vivement le Cégep. Je suis devenu fou de Johanne L., la petite coquine au parfum irrésistible. Mais elle avait un chum de longue date. C’est dur à surpasser un chum de longue date. Je n’y suis pas parvenu. Lors d’un party, j’ai oublié Johanne au profit de Caroline R. Ma première blonde aux cheveux blonds. Mais comme je n’aime pas particulièrement les blondes, ça n’a pas duré. À la St-Valentin, j’ai rencontré Caroline J. (oui, deux Caroline de suite), la rieuse aux joues creuses. Visiblement, au bout de six mois, la débauche de la vie en résidence s’est mise dans notre chemin. Devant la difficulté de taire un coup de foudre, je me suis retrouvé dans les bras de Maude L.
L’auteur de ce texte reprend son souffle.
Et là, nous avons cohabité ensemble, Maude L. et moi… et un autre coloc, qui lui, ne faisait pas partie du couple. Oh que non! Cette belle histoire a duré deux ans, mais je n’ai pas toujours été un bon copain au cours de cette période. J’ai fait plusieurs erreurs. Et le couple a faibli et les fleurs ont fanées et Marianne B… Oui Marianne B.
Je suis présentement en couple avec cette très chère Marianne B. Mon amour et, j’ose l’espérer, la femme de ma vie. Nous avons “célébré” nos 19 mois ensemble cette semaine. Et en 19 mois, je ne pense pas avoir fait d’erreurs majeures. Alors, je lance un avis aux femmes sexy et séduisantes : n’entrez pas dans ma vie. Je veux une relation stable et des enfants avec mon amoureuse que j’aime… que j’aime. Oui, je t’aime Marianne.
Oh que c’est cute. Point final.

