Show Raisonnable, le show de Rachid Badouri
Article publié le 7 juillet 2007 à
23:12 par
Catherine Hétu
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Le Show Raisonnable c’est une ode à la différence culturelle et surtout une leçon d’humilité pour tous! Pendant que le monde vibrait au son de Live Earth pour l’environnement, au Studio Juste pour rire, on célébrait la vie dans une ville multiethnique. comme Montréal. La foule elle aussi diversifiée a beaucoup rit et apprécié les commentaires de chacun des humoristes cosmopolites sur la scène les uns après les autre à la manière d’un gala. Les performances étaient surtout entrecoupées de commentaires hilarants de Rachid Badouri dans une animation très physique, marquée par un saut dans la foule à la manière d’un chanteur rock qui a failli se terminer en lunettes brisées pour une jeune femme de la première rangée, mais sans ça un show sans anicroches ou vilain petit canard!
C’est avec grand plaisir que la foule a découvert sept humoristes qui n’avaient pas peur de faire rire de leur origines, des clichés dont ils sont victimes, des leurs et d’eux-même finalement. La première à nous annoncer que Badouri n’animerait pas le show, à la blague bien sûr, on l’a vue venir à 1000 lieues, a été la Québécoise Karine Côté dans le rôle de la régisseuse qui en a assez d’essayer de plaire aux caprices de toutes ces différentes ethnies. Rachid Badouri nous a ensuite servi sa sauce avec tout ce dont on le sait capable. C’est en excellent maître de cérémonie qu’il a mené le spectacle avec une complicité débordante avec ses invités (la plupart des amis).
Nous avons ensuite pu goûter à l’humour de Mattaya, un Chinois d’origine qui vit au Québec depuis 30 ans. Il nous a raconté comment s’est déroulé un de ses spectacles à Maniwaki ou un certain Marcel lui a lancé “Vous livrez jusqu’ici??” Après Mattaya, aussi Québécois que vous et moi, on a eu droit à Eric Certosini, un grand gars qui tente de nous faire peur avec son air de mafioso italien. Ses quelques bons gags n’ont pas réussi à soulever la salle, lui qui postionnait abondamment. La sensuelle Tunisienne Nabila Ben Youssef, connue pour son spectacle J’arrive! et pour sa participation au Festival en 2003, nous a éblouie par un moment de baladi enflammé. Plutôt court, son bout de spectacle ne m’a pas particulièrement touchée, j’aurais aimé en voir plus d’elle.
Christopher Hall, l’ontarien, a su nous faire rire en nous exprimant sa honte de se faire battre par ses compagnons de classe autant à Saskatoon (dans une école française) qu’à Montréal ou il était un nerd (lire : anglais) jouant de la clarinette. Il a conclut sa prestation sur un solo musical fort époustouflant (et essoufflant) qu’il a fait pour impressionner une fille à l’école il y a longtemps. Peut-être que sur le coup, il n’a pas impressionné la fille, mais nous, il nous a jeté par terre!
Mon coup de coeur personnel de la soirée a été le haïtien Alain Nadro, ce colosse aux airs de “bouncer”! Ses jeux de mots, sa facilité à raconter comment des gens l’ont pris pour un gangster à plusieurs reprises loufoques et surtout son indifférence à ces situations quasi racistes m’ont vraiment gagné. Je prendrais plus de son humour simple de raconteur. Et finalement nous avons eu droit à Sugar Sammy (Indien). Son imitation de la façon de parler des siens m’a laissée perplexe et son style jeunot et frais (trop) m’a rendue hostile à ses gags puisque je ne regardais que l’air qu’il se donnait sur la scène au lieu d’être lui-même, ce qui m’a tannée. Mais son ovation debout à la fin de son numéro m’a fait penser que peut-être moi seule avait détecté ce côté moins drôle de lui.
Somme toute, j’ai passé une bonne soirée. J’ai par contre trouvé que l’on a surutilisé les clichés, l’Italien Eric Certosini avait justement dit qu’il ne voulait plus entendre parler des clichés. Les numéros qui ont suivi n’ont pas suivi cette requête. À part les imitations de Badouri des Espagnols (latinos) personne n’était là pour les représenter et on a rit des Français grâce à Sugar Sammy. Sinon, on n’a pas parlé des Américains… il me semble qu’il aurait été facile de les planter et justement peut-être trop facile, on est resté loin du sujet. Finalement, aucun peuple de s’est retrouvé vraiment désavantagé, l’égalité, un bel accommodement raisonnable.
