Jonquière en musique… et en pluie
Article publié le 2 juillet 2007 à
11:39 par
Ayavi Lake
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Vendredi soir : 21h, Jonquière, scène Molson Dry, Saint-Dominique. Plus une place pour se garer dans tout le centre ville, de l’agitation, du bruit, de la ferveur et… la pluie. De ma fenêtre, je sens monter la joie, l’impatience et l’odeur de la pluie qui se fait de plus en plus tenace. Je mets mon nez dehors : noir de voitures. Et d’un seul coup, j’entends une voix sensuelle et des cris de fan hystériques. J’ai raté le concert de Marie- Chantal Toupin…
J’ai raté le concert d’une des plus célèbres chanteuses québécoises, parce que mes deux chums sénégalaises sont arrivées chez nous, de Montréal, à 23h. Elles sont arrivées avec la pluie et les éclairs, avec leurs maillots de bain qui n’ont servi à rien et avec leur bonne humeur et leur joie de découvrir Jonquière.
Je ne vais pas vous tanner avec ma sempiternelle rivière au sable que nous avons arpentée, la place Nikitoutagan où il y a eu le feu d’artifice pour la fête de la confédération, la Baie et L’Anse-Saint-Jean. Mais c’était cocasse de voir ces trois Sénégalaises dans Jonquière, riant, marchant, heureuses, sous le regard amusé et surpris des Jonquiérois. J’ai parlé wolof avec elles, cela faisait longtemps, mais nous n’avons pas poussé la « sénégalité » jusqu’à aller manger un bon « thiep » ( riz au poisson sénégalais) dans le seul restaurant sénégalais de Chicoutimi. Oh non ! Nous avons tranquillement acheté une bonne poutine (la meilleure de Jonquière, paraît-il) juste à côté de la station de taxi de Saint-Dominique. Pis, gourmandes, nous nous sommes assises sur un banc près de la rivière et sous l’œil amusé des passants, nous l’avons dévorée.
Trois filles ensemble, ça jase, ça jase : de Dakar et de ses rues toujours pleines de monde, des maisons jamais fermées, des visites imprévues et imprévisibles, des gars, de l’amour, de la séduction. Bref, trois Sénégalaises à Jonquière, c’est trois filles qui jasent et qui piaillent sur tout.
Ce petit bain dans le Sénégal multiculturel m’a fait du bien. Un petit concert fret des Lover boys, un bon déjeuner avec des œufs tournés, du pain ménage et du fromage jaune, une petite photo devant notre petit cinéma à deux places et les deux Montréalaises me l’ont promis : elles reviendront à Jonquière et peut-être même qu’on fera du camping, l’été prochain sur une de ces magnifiques plages du Lac Saint Jean.
Et puis ce petit rendez-vous multiculturel : ma copine de Vancouver, ma chum cubaine et son gars, mon chum marocain et nous…couleurs de Jonquière.
En attendant, elles repartent mes deux Sénégalaises, elles repartent.
Et moi, je vais retrouver mon Saint-Dominique et ses concerts : du country mercredi, Ariane Moffatt jeudi et tous les autres. Je vais retrouver mes amis jonquiérois, mon bénévolat, mon sport, mes surprises. Je vais retrouver ma chambreuse française qui est allée de Jonquière à Tadoussac et en est revenue en pouce et que nous, Sénégalaises encore un peu enfermées dans nos carcans sociaux, admirions. Je vais retrouver ma rue principale, Saint-Dominique et ses bars et ses cafés et son cinéma à deux salles mes balades en vélo, mes marches au bord de la rivière.
Je vais retrouver cette petite ville où on me regarde curieusement, mais jamais méchamment, où on se demande d’où je viens et où je découvre chaque jour le Québec dans sa profondeur. Ma petite ville que je ne quitterai pour rien au monde.


