Astérix et Obélix… et Idéfix aussi
Par Ayavi Lake • 25 juin, 2007 • Catégorie: Chronique sur d'autres rivesJ’ai trouvé, « tabernâcle », j’ai enfin trouvé ce petit truc, cette petite affaire qui me turlupinait depuis que je suis arrivée au Saguenay-Lac-Saint-Jean ! Je me disais bien que je connaissais cette façon des gens du Royaume d’être si fiers de leur région, cette flamme qui brille dans leur oeil dès qu’ils parlent de la tourtière, de la tarte aux bleuets, du Fjord, des plages du lac Saint-Jean, de la société des 21.
Je savais que j’avais déjà vu cette créativité, ce bouillonnement culturel, ce fort sentiment d’indépendance, cette volonté, cette simplicité parfois déroutante. J’étais persuadée d’avoir déjà rencontré cette façon d’être ouvert et en même temps méfiant, curieux, ce sentiment important de la famille, voire du clan.
Oui, j’ai retrouvé, au Saguenay, les personnages de mon enfance : Astérix et sa potion magique de branche d’épinette ou de sirop d’érable, Obélix et sa grosse tourtière (avec un peu de sanglier si possible), Panoramix, mon druide préféré et ses érablières et puis Assurancetourix qui chante (mais pas faux), crée des festivals de musique, de livres, de films. Oh oui ! J’ai retrouvé mes irréductibles.
Les irréductibles Saguenéens ! Je tombais des nues, quand j’ai découvert, le jour de la fête du Saguenay, qu’il y avait un hymne du Saguenay. Et hier, entourée d’amis québécois, alors que je sirotais un excellent bissap mouillé d’un peu de rhum de Cuba, j’ai aussi appris que cette région, la numéro 02 dans la numérotation des régions administratives du Québec, le Royaume, le pays de bleuets est la seule à avoir son propre drapeau dans toute la province.
Alors quand le député de ma ville a, solennellement procédé à la levée du drapeau (québécois), je peux vous dire que j’ai ressenti une pointe de fierté. Mais tout de même, me suis-je demandé, pourquoi ne chante-t-on pas l’hymne québécois en hissant le drapeau…
Pas trop d’excès pour ma première Saint-Jean au Saguenay : quelques hot dog, mais sans oignons et sans chou par exemple, de la bonne musique québécoise, quelques pas de danse et un pas encore plus grand dans le monde communautaire à la québécoise.
Je dois dire merci à Mam, qui m’a judicieusement fait remarqué qu’au Cap-Vert (île voisine de Dakar et qui compte une grande diaspora au Sénégal, on fête la San Jon, en chantant et en dansant, en priant aussi pour avoir de bonnes récoltes, car cet évènement marque l’entrée dans l’hivernage ou saison des pluies. Il n’y avait pas de batuka, non plus que de kuduru et de funana, mais il y avait de la bonne humeur, comme, j’imagine dans tous les pays du monde où au même moment ou presque, on fêtait l’arrivée de l’été.
Tout de même, j’ai fait le bon choix : Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Ayavi Lake
Email à cet auteur | Tous les Articles par Ayavi Lake
Cet article a été lu 171 fois au total et 2 fois aujourd'hui
Waw! Merci pour ce beau voyage à travers les cultures… qui se croiseront toujours à un coin de rue… Mam
Tu as tout à fait raison concernant le Saguenay. Il m’a semblé aussi lors de mes 3 années à Jonquière de vivre dans une micro-société. Ils ont même leur propre “Saguenay Dry”! Probablement vu leur éloignement géographique, les habitants ont conséquemment bâti une région un peu recluse du reste du monde. On s’intéresse aux choses locales et on vit ensemble sans se soucier de ce qui se passe à Québec et à Montréal.! Ce qui est bien correct en soit puisque Mtl et Québec ne semblent pas plus se soucier de ce qui se passe au Saguenay. Bref, les gens du Saguenay m’ont charmé par leur chaleur, leur plaisir de vivre, leur générosité. Une bande d’irréductibles qui survivent et sourient même si on s’acharne à fermer toutes leurs entrprises qui représentent pour plusieurs leur seule source de revenus! Alea jacta es!
Tu dis souvent “tabernâcle !” dans tes chroniques, ou dans les plus colorées comme celle-ci…
Mais, dis-moi, c’est fort comme juron je crois me souvenir ?
N’est-ce pas l’équivament de
“merde !” du français parisien ou standard ?
J’avoue que depuis que votre père me fait lire vos chroniques, j’ai une envie folle de connaitre le Québec et plus particulièrement cette région que vous décrivez avec tant d’amour et de passion qu’on en a les larmes aux yeux. Les gens du coin doivent être adorables car vous n’avez pas encore duré là bas , mais on dirait que vous y êtes née , bravo à vous Ayavi