N’Dakaru, fragments d’amour… et de poésie
Article publié le 5 juin 2007 à
12:20 par
Pierre-Luc Gagnon
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En mars 2007, l’auteure Ayavi Lake, qui est aussi une assidue rédactrice pour DimancheMatin.com, publiait son premier roman N’Dakaru fragments d’amour aux Éditions Cultures Croisées. Un peu comme la chronique qu’elle nous présente hebdomadairement (Sur d’autres rives), le roman d’Ayavi nous fait voyager au coeur d’une culture qui lui est propre. De Dakar à Paris… De Paris à Dakar… À Dakar où ils se sont aimés.
Côté structure, le roman alterne les récentes escapades d’une héroïne à Paris avec ses souvenirs amoureux à Dakar. Un peu comme une confrontation déchirante entre la réalité et des mémoires déchirées, éparpillées au gré du vent. Des fragments d’amour, le titre ne saurait mieux dire.
Le volet parisien est narratif. Il raconte les déboires de la jeune Sénégalaise, tant sur le plan des relations, du travail et de la vie en général. Ses tantes, de passage dans son appartement, mettent une pression énorme pour qu’elle se marie à un homme fortuné qui pourra la faire vivre aisément. Mais la fougueuse exilée se refuse à ce genre de protocole traditionnel. Elle fera sitôt une rencontre déplaisante, mais je n’en dis pas plus.
Le volet ouvert sur Dakar est plus poétique. Nettement plus. C’est carrément écrit en prose. Tout est déballé avec un lyrisme épatant. On croirait entendre Jean Leloup qui nous déballe ses extases africaines dans des chansons comme Paradis Perdu et autres. Ce qui est fascinant avec cette partie du livre, c’est l’espèce de paradoxe qui y réside. La narratrice décrit un Dakar sombre, à la limite du misérable, avec ses inondations puantes. Mais elle le décrit aussi avec beaucoup d’admiration. Un charmant contraste.
Non, je ne saurais trouver un meilleur commentaire pour conclure. Je réitère : un charmant contraste.
