Perceptions changeantes
Article publié le 27 mai 2007 à
0:00 par
Pierre-Luc Gagnon
Faites vous entendre : donnez votre avis sur cet article
Partagez ce texte avec vos amis sur Facebook
Il y a des choses que je voyais d’une certaine manière quand j’étais enfant. Ces mêmes choses, je les perçois différemment aujourd’hui. Normal me direz-vous. Mais certaines de ces perceptions changeantes me font beaucoup rire lorsqu’elles me frappent en plein visage. Imaginez le choc d’apprendre qu’un chanteur français s’appelle Hugues Aufray et non Hugo Fray…
Ces petits malentendus qui me sont propres, perdus dans mon imaginaire, se dévoilent sous leur vrai jour, petit à petit, à mesure que je grandis. Il y en a des tonnes. Par exemple, j’ai longtemps cru qu’un animal de compagnie était une bête fabriquée par une compagnie. Un peu comme une peluche finalement. Mieux encore, j’ai longtemps été persuadé que le blé d’Inde était importé d’Inde. Ni plus ni moins. La première fois que j’ai vu un champ d’épis, alors que j’avais six ans, j’ai carrément sursauté. Dis maman, on est en Inde ? Mon quiproquo préféré est probablement celui où j’ai cru qu’une école anglaise était une école en glaise. Oui oui, de la terre glaise. Ça ne fait pas des écoles très solides!
Évidemment, il n’y a pas que les mots qui trouvent leur sens au gré du temps. Il y a aussi les idées, les opinions et ces autres détails qui font de nous des adultes désillusionnés. À douze ans, je trouvais que Mariah Carey était une belle chanteuse. Aujourd’hui, je la trouve simplement belle. À treize ans, je voulais que le Québec reste dans le Canada, juste pour avoir un plus grand pays. Aujourd’hui, je veux qu’il en sorte, juste pour avoir un plus beau pays. À seize ans, je remerciais Dieu de pouvoir naviguer sur Internet avec un modem 56k. Aujourd’hui, je maudis Satan d’avoir des ralentissements sur mon modem câble.
Au fond, la maturité apporte son lot de besoins (parfois inutiles) et sa panoplie d’attentes de plus en plus grandes et superficielles. Nous sommes loin de la naïveté de l’enfance, de la beauté de l’innocence et de la spontanéité candide. Je ne regrette de vieillir, je ne fais que constater l’ampleur de l’influence que la société sur le comportement humain. Philosophe, sors de ce corps!
Pour illustrer l’évolution des points de vue, je lance toujours cette petite pensée humoristique de mon cru : Quand j’étais jeune, je me levais tôt pour regarder les petits bonhommes. Aujourd’hui je me couche tard pour regarder les petites madames.
Ha ha! Hugues Aufray… Je n’en reviens toujours pas!

