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Chronique entre-actes

Le processus d’écriture

Article publié le 16 mai 2007 à 0:00 par Dominique Fortier

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Écrire pour le petit écran est très particulier.  Il y a plusieurs règles à suivre.  On doit tenir compte des lieux, du temps et surtout de personnages.  L’emphase doit être mis sur ce qu’il y a de plus important aux yeux des téléspectateurs.  Et ceux-ci s’attachent aux personnages.  Ils aiment les chérir, les détester, les prendre en pitié, etc.  La clé d’un bon téléroman ou d’une bonne série est le scénario et la force de ses personnages.  Plus on les rend vrais et colorés, plus le public s’y attachera.

 

C’est une chose d’avoir de bons comédiens, mais encore faut-il qu’ils aient quelque chose d’intéressant à dire.  Lorsqu’on écrit pour un personnage, on doit être rigoureux.  On invente un personnage intransigeant, il doit le demeurer.  Les changements soudains de personnalité afin de faciliter l’évolution d’une intrigue ne sont pas les bienvenus de la part des téléspectateurs.  De plus, il est important d’inventer un passé au personnage.  Prenons un exemple fictif.  Disons Hubert.  Même si la sœur de Hubert n’est pas présente dans le téléroman, elle existe.  Il est donc normal qu’Hubert parle de sa sœur de temps à autre à ses amis, ses proches.  Si Hubert tombe gravement malade, on doit mentionner à un moment donné que sa sœur a été mise au courant.  Par la suite, si le scénario ou le budget ne permet pas qu’on voie ladite sœur à l’écran, l’écrivain inventera une excuse du genre : « elle est en voyage d’affaires à Tokyo; elle envoie ses pensées positives à son frère. »  La richesse d’une histoire réside dans la crédibilité de ses personnages.

 

On pourrait jaser encore longtemps des personnages et on y reviendra sûrement plus tard, mais comme je n’écris qu’une chronique, je dois me restreindre quelque peu dans mes ardeurs!  Outre les personnages, l’auteur doit tenir compte des lieux.  Le budget veut souvent qu’on se restreigne au moins de lieux possible.  Par exemple, si notre ami Hubert doit aller voir son notaire une seule fois, l’auteur doit prendre en considération qu’il serait plus économique que le notaire se déplace au domicile d’Hubert plutôt que de créer un nouveau décor pour une seule scène.  Encore mieux, si l’auteur sait que le notaire ne reviendra plus dans l’histoire, pourquoi ne pas faire une scène téléphonique où on ne voit même pas le personnage!  On vient d’économiser un décor et un comédien sans rien changer au noyau de l’intrigue.

 

Puis il y a le temps.  Comment faire passer le temps?  Une heure, une journée, une semaine!  Pour ceux qui écrivent pour le petit écran; il y a une bénédiction qui s’appelle les publicités.  Une merveilleuse façon de faire une coupure dans le temps.  Sinon il y a toujours les changements de costumes, de décors et d’éclairage.

 

Un bref survol des contraintes d’un auteur qui écrit pour la télévision.  La semaine prochaine, on ira plus en profondeur dans les sujets qu’on a abordés aujourd’hui.  On verra aussi également les contraintes par rapport aux nombres de personnages et de lieux par épisode.  On abordera également la structure d’un épisode de télésérie ou téléroman.

 

D’ici là, bonne semaine à tous!

 

La semaine prochaine : Le processus d’écriture 2


Catégorie(s) : Chronique entre-actes

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2 lecteurs ont commentés cet article

  1. Amélie Roy a écrit...

    le 16 mai 2007 à 21:07

    Wow! je n’aurais jamais pensé à tout ça! Je pense que si je me mets à écrire pour la télé, je n’aurai même pas assez de budget pour les 15 premières minutes :P


  2. Dominique Fortier a écrit...

    le 20 mai 2007 à 1:40

    Les téléromans du genre “Les poupées russes” sont fort possiblement les derniers à être produits au profit des téléséries plus coûteuses et des téléréalités. Tristesse dans mon coeur parce que les téléromans sont bien souvent axés sur les dialogues et joue beaucoup plus sur les émotions à travers les échanges entre personnages. Et au Québec particulièrement, on ne subventionne plus les téléromans comme avant préférant simplement acheter les droits des séries américaines et les doubler (Lost, 24, Desperate housewivrd etc)

    Paradoxalement, le marché du film Québécois semble être en pleine éclosion alors qu’au petit écran, on ne fabrique plus rien “made in Québec”. Et pourtant, c’est pas le talent qui manque ici :-)




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