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The Matador ou l’autre côté de James Bond (2005)

Article publié le 3 mai 2007 à 22:30 par William Beretta

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D’une part, Julian (Pierce Brosnan) est un tueur à gages aussi expérimenté que seul. Il exécute son travail à la perfection, certes, mais son train de vie l’a poussé à rejeter toute forme de relation interpersonnelle (mis à part les filles de joie, qu’il consomme beaucoup d’ailleurs). Ce tueur est dépressif, alcoolique, fumeur et cela commence à nuire à son rendement. D’autre part, Danny (Greg Kinnear) n’a jamais commis une infraction de sa vie. Cet homme d’affaires est malchanceux dans la vie, mais il garde quand même le moral. La rencontre entre ces deux personnages donnera naissance à une amitié peu commune entre ces deux personnes que rien ne réunit.

 

The Matador expose le cas typique du tueur à gages blasé par son job, rendu dépressif par une vie à donner la mort. Or, on ajoute une dose d’humour à la chose et le résultat est surprenant. La recette est simple : on présente deux personnages totalement opposés et on les fait interagir dans un milieu mettant l’un des personnages mal à l’aise. Dans ce cas, on applique la recette et elle fonctionne bien, notamment grâce au brio de Brosnan. Son personnage, Julian, est dépourvu de toute politesse, de toute gentillesse et de toute empathie. Il est déconnecté de la réalité. Son manque d’empathie est mis en évidence par une capacité à rire — et quel rire ! — aux pires moments. Ajoutez à cela une moustache du tonnerre et vous obtenez un effet comique assez réussi.

 

Mais parlons-en de Pierce Brosnan. Si vous êtes habitué de le voir dans des complets immaculés même après une fusillade nourrie, une course en voiture de luxe et une partie de jambes en l’air, vous serez légèrement dépaysé. James Bond a échangé son smoking pour un speedo et son martini pour une bière pas chère. Pourtant, le spectateur n’éprouve aucune difficulté à cerner ce nouveau personnage qui est développé en long et en large. Le réalisateur s’amuse d’ailleurs assez souvent à nous montrer sa vie répétitive dans de rapides montages. Greg Kinnear, pour sa part, se tire bien d’affaire. Il rend son personnage attachant, il est vulnérable sans tomber dans le ridicule et il offre un complément adéquat à l’humour par contraste. Bref, The Matador est un film à louer, mais vous pourriez passer à côté et y revenir plus tard.

 

***½


Catégorie(s) : Cinéma - critiques

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