Quelque part sur l’autoroute 20
Article publié le 25 février 2007 à
0:00 par
Pierre-Luc Gagnon
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L’autoroute 20. Ah l’autoroute 20! Comment oublier l’autoroute 20? Avec ses haltes routières d’un brun monotone, ses infinis paysages linéaires et son asphalte craquelé. Que dire de ses faux avertissements de surveillance aérienne… et de ses patrouilles, bien vraies celles-là, cachées derrière de perfides bosquets. L’autoroute 20. Ah l’autoroute 20! Je l’ai encore traversée ce week-end.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi l’autoroute 20 est un long couloir parsemé d’indices qui nous laissent croire que l’on approche peu à peu de notre destination. En partant de Québec, je suis toujours très heureux d’atteindre l’excentrique restaurant Madrid qui me laisse une impression de mi-chemin. En partant de Montréal, je suis toujours assez content de voir le Madrid, qui me laisse étrangement le même arrière-goût de moitié de parcours que dans le sens inverse (!) D’autre part, la compagnie Nutri-Oeuf, à St-Hyacinthe, me comble toujours de bonheur, dans une direction comme dans l’autre. Un gros coco qui flotte dans les airs, ça réchauffe mon coeur.
L’autoroute 20 m’aura aussi permis, et ce à maintes reprises, d’écouter de nouvelles cassettes, de nouveaux CD ou des nouveaux albums ajoutés dans mon iPod… dépendamment de l’année. C’est ainsi que j’ai pu écouter, l’esprit libre, Nevermind de Nirvana, Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins et plusieurs autres. Récemment, mes écouteurs battaient au rythme de Trompe-l’oeil de Malajube et de l’excellent The Black Parade de My Chemical Romance.
Lorsque je n’écoute pas de musique, ce n’est certainement pas pour lire les noms des villages qui longent la 20. N’en déplaise à Val-Alain, à Issoudun ou à St-Cyrille-de-Wendover, je préfère dormir. Et c’est ainsi que je sombre dans un sommeil forcé, malgré le bruit d’un moteur qui semble s’ennuyer autant que moi. Mais en réalité, je ne dors jamais à 100% dans une voiture. Je suis toujours dans un certain état de conscience qui me permet de flairer les arrêts pour faire le plein ou les ralentissements dus aux réfections routières en période électorale. Tiens, ça ne devrait pas tarder!
C’est drôle, mais quand je sais que je suis pour traverser la 20, à bord d’un autobus ou d’un véhicule charitable (pour ma part, je ne conduis que l’électricité), je prépare mes bagages en conséquence. La moitié de valise est remplie de mes vêtements et de mes nécessités de séjour. L’autre moitié me sert à survivre sur la 20 : livres, jeux, disques, oreiller, bouteille d’eau, Jos Louis double crème…
Tel qu’énoncé en introduction, j’ai emprunté l’autoroute 20 cette fin de semaine. Avec mon ami Mathieu, coloc de mes années d’études à Jonquière, je suis parti voir un grand chum à Chibougamau. Une vraie fin de semaine entre gars. En revenant, on est passé par le Saguenay, puis par Québec… pour finalement rejoindre Montréal. Après ces quelque 16 heures à être assis dans une voiture, pardonnez-moi, mais je dois bouger un peu. À la semaine prochaine!

