Hard Candy (2006)
Article publié le 16 février 2007 à
18:12 par
William Beretta
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Hayley est une jeune adolescente de 14 ans. Jeff, lui, est un photographe dans la trentaine. Ils se sont connus sur Internet et se rencontrent pour la première fois dans un restaurant. Ils bavardent, mangent, rient. Un nouvel ami, ou un pédophile ? Avec son pull-over écarlate, Hayley a tout du petit chaperon rouge qui s’en va dans la gueule du grand méchant loup Jeff. Cependant, le récit prend une tournure inattendue lorsque le petit chaperon se révèle beaucoup plus dangereux que prévu.
Hard Candy est, à mon avis, un des films les plus diaboliquement brillants que j’ai vus jusqu’à ce jour. Pourtant, l’œuvre ne tient pas à grand-chose. Il n’a qu’un budget minime, aucun acteur reconnu (Patrick Wilson et Ellen Page occupent à eux seuls l’entièreté de ce huis clos), peu de publicité. Mais le résultat est tout à fait stupéfiant. L’intensité est pire que dans une montagne russe sans ceinture de sécurité. L’intrigue, elle, est si adroitement ficelée que le spectateur est entraîné dans cette histoire avec le sentiment que tout va bien se passer, ou que ça ne fera pas trop mal. Tous les indices sont parsemés ici et là, à notre insu, pour qu’ils viennent ensuite nous prendre par surprise et nous diriger tout droit vers le cauchemar. Certaines scènes sont si sadiques que même les gars (surtout les gars…) auront un dégoût au fond de la gorge.
Ellen Page, l’actrice interprétant le personnage féminin, est terriblement infaillible dans son rôle de petite fille pas si petite que ça. Il faut la voir déployer son stratagème avec l’efficacité d’un tueur en série pour apprécier la qualité de son jeu, et ce, malgré son jeune âge. Et Patrick Wilson qui, en photographe n’ayant rien à se reprocher, se laisse bercer par cette nouvelle connaissance. Il passe par toutes les émotions, en même temps que le spectateur qui restera marqué par ce film, ce petit bonbon dur à croquer, doucement sucré au début, mais effroyablement amer à la fin.
****½
