Le coeur a encore ses raisons ! (DVD)
Article publié le 8 février 2007 à
11:44 par
William Beretta
Faites vous entendre : donnez votre avis sur cet article
Partagez ce texte avec vos amis sur Facebook

On entre dans l’univers de Le cœur a ses raisons comme dans un freak show : tout est exagéré et le rire nous vient facilement. La deuxième saison de cette parodie de soap américain se campe immédiatement dans la continuité de la première saison : les mêmes personnages loufoques, les mêmes péripéties, les mêmes types d’effets comiques… Par ailleurs, même si un spectateur n’a pas écouté la première saison, les nombreux flashbacks empêchent ledit spectateur de se perdre dans ce dédale d’intrigues aussi sinueuses que ridicules.
L’intrigue principale, on la connaît. La famille Montgomery, habitant un manoir à St-Andrews, se dispute le contrôle de la compagnie familiale. Toutefois, les aventures ne sont que secondaires dans ce condensé de blagues visuelles et parodiques. Le jeu des acteurs est si exagéré que l’on ne peut regarder un véritable soap sans avoir en arrière-plan un Marc Labrèche moustachu qui tente de tuer son frère jumeau, une Anne Dorval en infirmière diplômée ou un Patrice Coquereau en serveur désabusé. L’ajout du personnage de Brenda (encore magnifiquement interprétée par Marc Labrèche) augmente le ridicule de voir une mannequin de renommée internationale dans la peau d’un Marc Labrèche volontairement maladroit, peu gracieux et exagérant les poses féminines. Par contre, l’infirmière Drucilla (Lise Dion) n’a pas sa place dans cet amalgame de bons comédiens. Le jeu plutôt désolant de Lise Dion contraste horriblement avec celui de Marc Labrèche.
Le fondement de cette série est donc au niveau de l’interprétation des comédiens, certes, mais aussi dans le texte même. Or, on peut remarquer, non pas une faiblesse, mais une redondance, un recours à la recette humoristique, chose qui passait inaperçue lors de la première saison, notamment par la surprise causée par le genre assez nouveau. Bref, on joue sur la quantité de gags pour souhaiter qu’il y en ait un qui ressort et fait rire aux éclats. Et il y en a, des gags formidables. Mais le nombre de blagues qui tombent à plat reste assez considérable, sans parler des gags qui n’ont jamais levés, telles les multiples fois où Criquette (Anne Dorval) administre une raclée à la servante Madge (Michèle Deslauriers) ou lorsqu’on étire les blagues téléphoniques en divisant l’écran presque à l’infini. Une série télévisée à voir, mais à consommer en quantité afin d’en extraire les meilleurs éléments.
***½

