La photo de classe
Article publié le 21 janvier 2007 à
0:00 par
Pierre-Luc Gagnon
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Lorsque j’étais à la petite école, il y avait un moment important et décisif pour moi dans l’année. Pas l’arrivée de l’été (quoique…), mais bien la prise de la photo de classe. Cet éternel rituel annuel où la plupart des jeunes étaient soumis au supplice d’être habillé par leur mère.
De mon côté, ce n’était pas l’accoutrement imposé qui rendait ce moment spécial. C’était le simple fait d’avoir une photo sur laquelle je pouvais voir et revoir la fille qui avait bouleversé mon année scolaire… et enfin la montrer à mes amis qui en avaient trop entendu parler. Ils devinaient la mienne, je devinais la leur. Mais au-delà de ce jeu, cette photo devenait le résumé d’une période de ma vie, dans le cadre d’une année scolaire. J’ai encore ces clichés aujourd’hui, de la maternelle à la sixième année. Et chacun d’eux est marqué par des souvenirs de récréation, allant de la blessure au ballon prisonnier au party pyjama, en passant par les amitiés naïves et les béguins passagers. Ces images valent 1000 mots, même si à l’époque je n’en connaissais pas autant (des mots).
À partir du secondaire, la tradition du portrait de classe prend fin drastiquement (du moins, dans la plupart des écoles). Même chose au Cégep et à l’université. On oublie alors, petit à petit, les gens que l’on a fréquentés pendant ces années. Et le marché du travail avale le reste de nos souvenirs.
La morale de cette histoire : Vaut mieux laisser maman nous vêtir… Juste pour ne pas avoir l’air fou sur les rares clichés des jeunes années que nous partagerons toute notre vie!

