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1408 : du Stephen King au grand écran, frissons en prime (2007)

Par • 16 juillet 2007 à 14:59

Les adaptations cinématographiques des romans de Stephen King ne sont pas toujours à la hauteur du talent de ce prolifique auteur d’épouvante. Ses nouvelles littéraires, en revanche, ont donné de beaux résultats au cinéma. Après Stand by me, Secret Window et autres, voilà que l’étrange 1408 est porté à l’écran et parions que la chambre du « Dolphin Hotel » n’ait pas perdu de sa fougue et de son côté cauchemardesque.

Mike Enslin (John Cusack) est un auteur à succès qui s’amuse à visiter des lieux supposément hantés pour ensuite en faire le récit. Cet homme égoïste et nullement superstitieux n’est pas impressionné par ces lieux mythiques qu’il considère comme des instruments vers sa réussite littéraire. Dès lors, lorsqu’il apprend l’existence de la chambre 1408 du « Dolphin Hotel » à New York, il ne peut laisser filer l’occasion de passer la nuit dans cette chambre où il est survenu tant de choses horribles. Cette expérience ferait un excellent dernier chapitre à son prochain livre. Même devant les fortes réticences de Olin (Samuel L. Jackson), le directeur de l’hôtel, Enslin n’est pas prêt à se laisser impressionner. Il ira dans la 1408, peu importe les risques.

Lorsque l’on compare la nouvelle littéraire 1408 au film, on voit que le réalisateur Mikael Håfström s’est fié de manière sérieuse à la nouvelle. Il a ajouté un peu de chair au personnage de Enslin (une ex-femme, une fille, des loisirs…), mais on reconnaît l’auteur à la chemise hawaïenne, à la cigarette sur l’oreille et au magnétophone dans sa poche. Olin est, lui aussi, fidèle à sa version papier. Son discours sur la chambre 1408 fait frémir et son ton persuasif ajoute un côté têtu à Enslin qui ne veut pas se laisser convaincre. D’ailleurs, Jackson est crédible dans son petit rôle et Cusack est étonnant. Il faut dire que le film est un huis clos presque entier dans lequel le spectateur voit Enslin se désagréger lentement, petit à petit, jusqu’à se retrouver complètement anéanti par la chambre. Le jeu d’acteur est très psychologique. Or, la ligne est mince entre susciter la pitié ou le rire. Cusack s’en tire bien et son personnage sonne juste. On y croit et on vit ses émotions, à savoir la peur, l’incompréhension, l’horreur, la douleur, etc.

L’intrigue du film, quant à elle, se place en complément de la nouvelle littéraire. Habituellement, lorsqu’une version écrite est portée à l’écran, on compare le film à la version papier et l’on se plaint que le film ne lui arrive pas à la cheville. Cette fois, on peut difficilement comparer les deux sur un même pied, puisque les deux versions se penchent sur des éléments différents de l’histoire. La nouvelle met en place les bases du récit, mais n’offre pas une vision complètement explicite de ce qui se passe exactement pendant que Enslin est dans la chambre. King met l’accent sur le personnage et le changement psychologique qui s’opère en lui, de même que sur une ellipse qui laisse sous-entendre le pire. Mikael Håfström nous offre plutôt une interprétation de l’expérience vécue par Enslin. Le résultat est tout à fait cohérent avec la nouvelle, en plus d’être effrayant à souhait. Bref, pour une expérience optimale, je vous recommande de lire la nouvelle et de visionner le film par la suite. Mais si vous n’aimez pas la lecture, le film vous fera frissonner tout autant.

*** ½

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